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Kennedy, John F. (John Fitzgerald), 1917-1963 -- Assassinat Notes de lecture

Rapport de la Commission présidentielle sur l'assassinat du président John F. Kennedy

Notes, explications et observations pour aller plus loin.

L’assassinat du président John F. Kennedy : un aperçu historique rapide

Les événements du 22 novembre 1963

Le matin du 22 novembre 1963, le président John F. Kennedy arriva à Love Field à Dallas à 11 h 40 HNC, entamant le deuxième jour d’un voyage au Texas planifié sur cinq mois. L’itinéraire avait été organisé par le Président, le vice-président Lyndon B. Johnson et le gouverneur du Texas John B. Connally Jr., avec des arrêts préalables ce jour-là à San Antonio (où le Président inaugura des installations de recherche en médecine aérospatiale de l’U.S. Air Force) et à Fort Worth (où il s’adressa à un important rassemblement lors d’un petit-déjeuner matinal). Les événements restants au programme comprenaient une cavalcade dans le centre-ville de Dallas, un discours lors d’un déjeuner au Trade Mart, et un vol vers Austin pour un dîner de collecte de fonds démocrate.

La cavalcade de Dallas avait été ajoutée au voyage pour permettre au Président de se rapprocher des électeurs dans une ville qu’il avait perdue lors de l’élection présidentielle de 1960. La planification fut dirigée principalement par le gouverneur Connally et l’assistant spécial du Président Kenneth O’Donnell. L’itinéraire fut conçu pour maximiser l’accès du Président au public, approuvé par les comités d’accueil locaux et les représentants de la Maison-Blanche le 18 novembre, et annoncé dans les journaux locaux à partir du 19 novembre, avec des avis préalables confirmant que la cavalcade tournerait de Main Street sur Elm Street via Houston Street pour rejoindre la Stemmons Freeway et le Trade Mart.

À environ 12 h 30, alors que la limousine décapotable du Président tournait de Houston Street sur Elm Street et ralentissait à environ 11 miles par heure en descendant vers le passage supérieur du chemin de fer, des coups de fusil furent tirés en succession rapide. L’heure fut établie par quatre témoins indépendants : l’agent spécial Rufus W. Youngblood observa l’horloge électrique au sommet du bâtiment du Texas School Book Depository indiquant « 12 h 30 » alors que la voiture du Vice-président progressait vers le nord sur Houston Street ; David F. Powers fit remarquer à Kenneth O’Donnell qu’il était 12 h 30, l’heure d’arrivée prévue au Trade Mart ; quelques secondes après la fusillade, Roy Kellerman regarda sa montre et dit « 12 h 30 » au chauffeur William Greer ; et le journal radio de la police de Dallas confirma que le chef de la police Curry signala la fusillade à 12 h 30.

La première balle atteignit le Président à l’arrière du cou, ressortit par la face antérieure du cou et entailla le nœud inférieur gauche de sa cravate ; la seconde atteignit le gouverneur Connally dans le dos, traversa sa poitrine, son poignet droit et sa cuisse gauche ; la troisième balle, mortelle, atteignit le Président à l’arrière de la tête, provoquant une blessure massive et fatale. Les agents des services secrets réagirent immédiatement : l’agent Clinton J. Hill sauta de la voiture suiveuse pour protéger le Président et la Première Dame dans la limousine, tandis que l’agent Roy H. Kellerman ordonna au chauffeur William R. Greer de se rendre directement à l’hôpital Parkland Memorial, situé à quatre miles de là.

L’hôpital et la déclaration officielle de décès

À Parkland, les médecins tentèrent de sauver la vie du Président, pratiquant une trachéotomie pour traiter la blessure au cou et les problèmes respiratoires, mais ne purent détecter de pouls après que toute activité cardiaque cessa à 13 h 00. Le président Kennedy fut déclaré mort peu après, les derniers sacrements étant administrés par un prêtre. Le gouverneur Connally subit une intervention chirurgicale et survécut à ses graves blessures. Le Dr William Kemp Clark prononça le décès du Président à environ 13 h 00. L’heure précise du décès ne put être déterminée.

La dépouille du Président fut transportée au National Naval Medical Center de Bethesda, dans le Maryland, pour y subir un examen pathologique complet, après l’arrivée de l’avion présidentiel à la base aérienne d’Andrews à 17 h 58, heure de l’Est. L’autopsie confirma la large blessure mortelle à la tête observée à Parkland, la blessure au cou agrandie par l’équipe médicale de Parkland lors de la trachéotomie (toutes deux classées comme présumées blessures de sortie), une petite blessure d’entrée à l’arrière du crâne, et une autre blessure d’entrée près de la base de la nuque. La cause du décès fut déterminée comme étant une blessure par balle à la tête, les balles ayant été tirées depuis une position située derrière et légèrement au-dessus du niveau du Président.

Le tireur : Lee Harvey Oswald

Dans les minutes qui suivirent la fusillade, les forces de l’ordre concentrèrent leur attention sur l’immeuble de sept étages du Texas School Book Depository, situé à l’angle nord-ouest des rues Elm et Houston, considéré comme l’origine probable des coups de feu. Le bâtiment abritait une entreprise privée de distribution de manuels scolaires et louait des espaces à des représentants d’éditeurs. Plusieurs témoins oculaires placés devant le bâtiment déclarèrent avoir vu un fusil tirer depuis la fenêtre de l’angle sud-est du sixième étage, notamment Howard L. Brennan, qui se tenait de l’autre côté de la rue Elm, face à l’immeuble. Brennan fournit à la police une description du tireur, qui fut diffusée sur la radio de la police de Dallas à 12 h 45, identifiant le suspect comme un homme blanc, mince, âgé d’une trentaine d’années et mesurant environ 1 m 78.

Le motard de la police de Dallas Marrion L. Baker pénétra dans le bâtiment dans les deux minutes suivant la fusillade et, accompagné du gardien Roy Truly, croisa Lee Harvey Oswald — un employé discret et solitaire qui avait commencé à travailler au Dépôt le 16 octobre 1963 — sur le palier du deuxième étage. Après avoir vérifié qu’Oswald était bien un employé, Baker poursuivit sa montée des escaliers pour continuer les recherches.

La Commission Warren conclut finalement que Lee Harvey Oswald avait tiré trois coups de feu depuis la fenêtre du sixième étage : la première balle traversa le cou du président Kennedy et toucha probablement le gouverneur Connally ; la seconde manqua sa cible ; la troisième atteignit le président à la tête et le tua. Les preuves physiques furent décisives : un fusil Mannlicher-Carcano de 6,5 mm portant le numéro de série C2766 fut retrouvé dissimulé entre des cartons au sixième étage ; trois douilles furent récupérées près de la fenêtre ; et une balle quasi intacte (158,6 grains) fut retrouvée sur la civière du gouverneur Connally à l’hôpital Parkland. L’ensemble de ces éléments fut identifié, par analyse balistique, comme ayant été tiré du fusil retrouvé, à l’exclusion de toute autre arme.

La création et l’enquête de la Commission

Après la mort du Président, le vice-président Lyndon B. Johnson quitta Parkland sous haute protection en direction de Love Field, où il prêta serment en tant que 36ᵉ Président des États-Unis devant la juge Sarah T. Hughes, du Tribunal fédéral de district, à 14 h 38, dans le compartiment central de l’avion présidentiel, qui décolla immédiatement pour Washington, D.C.

La Commission présidentielle sur l’assassinat du Président Kennedy (la Commission Warren) fut créée par le Président Johnson par le décret exécutif 11130 le 29 novembre 1963, avec le juge en chef Earl Warren pour président, ainsi que les sénateurs Richard B. Russell et John Sherman Cooper, les représentants Hale Boggs et Gerald R. Ford, et d’anciens hauts fonctionnaires Allen W. Dulles et John J. McCloy. La mission de la Commission était d’enquêter sur les faits de l’assassinat et sur la mort subséquente de Lee Harvey Oswald, d’évaluer l’ensemble des éléments de preuve s’y rapportant, et de remettre son rapport de conclusions au Président. Le Congrès autorisa la Commission à contraindre les témoins à témoigner par la Résolution commune 137 du Sénat (loi publique 88-202), approuvée le 13 décembre 1963.

La Fuite et l’Arrestation d’Oswald

Après avoir quitté le Depository vers 12 h 33, Oswald se rendit à sa pension située au 1026 North Beckley Avenue en autobus puis en taxi, arrivant vers 13 heures et repartant quelques minutes plus tard. Vers 13 h 15, soit environ quarante-cinq minutes après l’assassinat présidentiel, l’agent de la police de Dallas J. D. Tippit fut abattu à moins d’un mile de la pension d’Oswald. Tippit s’était approché d’un homme marchant vers l’est sur la 10e Rue, près de Patton Avenue, qui correspondait à la description générale du suspect diffusée sur la radio policière ; après avoir échangé quelques mots par la fenêtre de la voiture, Tippit ouvrit sa portière et commença à contourner l’avant de son véhicule, moment auquel l’homme sortit un revolver et tira quatre coups de feu, tuant Tippit sur le coup.

Le témoin Domingo Benavides, qui se trouvait à proximité, observa le tireur en train de retirer les douilles usées de son arme tandis qu’il s’enfuyait en direction de Patton Avenue, et signala rapidement la fusillade au quartier général de la police via la radio de la voiture de patrouille de Tippit peu après 13 h 16. Au moins douze personnes virent l’homme au revolver au moment de la fusillade ou immédiatement après, et d’ici la soirée du 22 novembre, cinq d’entre elles avaient identifié Oswald lors de séances d’identification policières.

Environ quarante-cinq minutes après la fusillade de Tippit, Oswald fut arrêté au Texas Theatre, sur West Jefferson Boulevard, après y être entré sans acheter de billet. Au moment de son arrestation, Oswald sortit un revolver dissimulé, frappa l’agent M. N. McDonald, et fut maîtrisé par plusieurs agents. Il fut ensuite transporté au quartier général de la police de Dallas.

L’interrogatoire et la mort d’Oswald

Au quartier général de la police de Dallas, Oswald fut interrogé pendant environ douze heures sur deux jours par le capitaine J. Will Fritz et d’autres officiers, en présence d’agents du FBI et du Secret Service. Oswald nia systématiquement toute implication, que ce soit dans l’assassinat du président Kennedy ou dans le meurtre de l’agent Tippit, affirma qu’il prenait son déjeuner et parlait à son contremaître au moment de l’attentat, et refusa d’être propriétaire d’un fusil. Confronté à la preuve qu’il avait acheté un fusil sous le nom de « Hidell », Oswald le nia. Il nia également connaître A.J. Hidell, le nom qu’il avait utilisé sur de faux documents du Selective Service et des cartes d’identification falsifiées trouvés en sa possession.

La Commission estima que les dénégations d’Oswald n’avaient aucune valeur probante face à l’accumulation accablante de preuves à son encontre, et qu’il avait menti de manière répétée et éhontée à la police sur des questions substantielles importantes. Ses dénégations furent prises en compte dans l’analyse de la Commission.

Le dimanche matin 24 novembre 1963, des dispositions furent prises pour transférer Oswald de la prison municipale de Dallas à la prison du comté. Vers 11 h 20, alors qu’Oswald sortait du bureau de la prison encadré par des détectives, Jack Ruby, exploitant de nightclub de 52 ans à Dallas, se glissa entre un journaliste et un détective, s’avança rapidement vers Oswald avec un revolver de calibre .38 tendu dans sa main droite, et tira une seule balle mortelle dans l’abdomen d’Oswald. Oswald fut déclaré mort à l’hôpital Parkland à 13 h 07. Ruby fut arrêté immédiatement sur les lieux.

Les conclusions de la Commission

La conclusion centrale de la Commission Warren fut que Lee Harvey Oswald avait agi seul lors de l’assassinat du président Kennedy, sans aucune preuve de conspiration, d’implication étrangère ni de complices. Cette conclusion reposait sur un dossier probatoire considérable : la correspondance balistique entre le fusil, les douilles et la balle avec l’assassinat ; des preuves d’empreintes palmaires et digitales plaçant les mains d’Oswald sur l’arme ; l’identification par des témoins ; la reconstitution de la chronologie des déplacements d’Oswald avant et après la fusillade ; sa tentative antérieure d’assassiner le major-général Edwin A. Walker en avril 1963 ; ainsi que sa compétence avérée avec un fusil.

La Commission établit que les coups de feu étaient venus de derrière et d’en haut, sans aucune preuve de tirs effectués depuis un autre endroit que le Depository. Les trois coups furent tirés sur une période d’environ 4,8 secondes à plus de 7 secondes, selon qu’une balle ait manqué sa cible ou non. La Commission conclut que la même balle qui avait transpercé la gorge du Président avait provoqué toutes les blessures du gouverneur Connally (la « théorie de la balle unique »), bien que cela demeurât un sujet de controverse.

Concernant Jack Ruby, la Commission ne trouva aucune preuve crédible que Ruby et Oswald se connaissaient ou entretenaient quelque lien que ce soit, ni aucune preuve que Ruby ait fait partie d’une quelconque conspiration. Le meurtre d’Oswald par Ruby fut jugé comme un acte spontané d’un individu émotionnellement perturbé.

Pourquoi ces événements ont compté

L’assassinat du président Kennedy, le 22 novembre 1963, fut le quatrième assassinat présidentiel de l’histoire américaine (après Lincoln, Garfield et McKinley), et il frappa au cœur d’une nation fondée sur les principes du débat raisonné et du changement politique pacifique. L’enquête de la Commission, menée avec la pleine coopération de toutes les agences gouvernementales et à travers les témoignages de centaines de témoins, produisit l’investigation officielle la plus approfondie d’un assassinat dans l’histoire américaine. Ses conclusions — Oswald avait agi seul, sans conspiration étrangère ni intérieure —devinrent le fondement de la compréhension historique officielle de l’événement.

Les travaux de la Commission mirent également au jour des défaillances critiques dans les dispositifs de protection du Président, conduisant à des recommandations précises de réforme : faire de l’assassinat un crime fédéral, créer un comité au niveau du Cabinet pour superviser la protection présidentielle, remanier en profondeur les capacités de renseignement du Secret Service, et améliorer la coordination interagences. Le passage du temps et la disparition de témoins clés signifiaient que de nombreuses questions ne seraient jamais résolues de manière définitive, et les conclusions de la Commission ont été à la fois acceptées comme faisant autorité et contestées par des critiques, faisant de l’assassinat du président Kennedy l’un des événements les plus investigated et pourtant les plus persistants dans le débat de l’histoire américaine.