La mortalité de Casaubon et l’ombre du codicille
Le chapitre XLII constitue l’une des analyses les plus intenses sur le plan psychologique de l’isolement conjugal présentées dans le roman, alors que M. Casaubon affronte enfin l’ombre de sa propre mort, tout en restant prisonnier d’un esprit incapable d’accepter la tendresse. La visite de Lydgate au manoir de Lowick, à la demande de Casaubon – un écart notable par rapport à sa réserve fière habituelle – laisse à penser que la perspective de voir son œuvre de toute une vie inachevée a finalement eu raison de sa réticence à demander de l’aide. Lydgate lui annonce un pronostic sévère : Casaubon doit modérer sa charge de travail ou subir de graves conséquences.
Ce chapitre est centré sur une rencontre explosive entre Joshua Rigg Featherstone et son beau-père John Raffles, tout en introduisant des tensions clés qui éclateront plus tard en crise. La méditation liminaire sur le pouvoir durable des documents écrits annonce un détail crucial : Raffles s’enfuit avec une lettre portant la signature de Nicholas Bulstrode. Après la convalescence de Casaubon de sa maladie dangereuse, Lydgate lui prescrit le remède courant pour les hommes intellectuels – un travail modéré et des détentes variées – mais les suggestions de M. Brooke révèlent son incompréhension fondamentale de la nature de son neveu.
Après la crise de l’allée des Ifs, Dorothea saisit l’occasion de se rendre seule en voiture à Middlemarch, espérant apprendre de Lydgate si son mari dissimule une aggravation de son état. Sa peur de l’ignorance l’emporte sur ses scrupules à demander des informations sur Casaubon à quelqu’un d’autre. Lorsqu’elle arrive, Lydgate est absent, mais sa femme Rosamond la reçoit. La rencontre entre ces deux femmes révèle un contraste frappant de caractère, même si aucune ne comprend pleinement la situation de l’autre.
La mort et l’enterrement de Casaubon marquent un tournant dans l’existence de Dorothea, mais même depuis l’au-delà, il continue d’exercer un contrôle sur sa vie. Le chapitre XLIX se déroule le lendemain de son enterrement, alors que sir James Chettam et M. Brooke se voient confrontés à un codicille du testament du défunt M. Casaubon qui vient d’être découvert. Ce document trouble profondément sir James, qui exhorte Brooke à empêcher Dorothea d’en prendre connaissance. Le chapitre montre comment Casaubon, même mort, continue d’exercer un contrôle par le biais d’instruments juridiques conçus pour impliquer sa jeune veuve dans un scandale. Il l’a menacée de confiscation de ses biens si elle épouse Will Ladislaw – une disposition qui révèle la petite mesquinerie d’un homme qui n’a pas pu accepter ses propres carences.
Ce chapitre marque un tournant profond dans le parcours de Dorothea, car les révélations entourant le testament de son mari font voler en éclats les derniers vestiges de ses illusions de devoir. Célia, désormais mère elle-même, est assise dans le confort de son foyer, tandis que Dorothea, toujours vêtue de noir de veuve, arbore une expression que Célia juge excessivement lugubre. Sir James a soigneusement orchestré la dissimulation de la dernière mesquinerie testamentaire de Casaubon, mais les tentatives maladroites de M. Brooke pour retarder les choses ne font que renforcer la détermination de Dorothea à examiner les papiers de son mari et à découvrir la vérité.
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