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England -- Fiction Notes de lecture

Les Aventures de Roderick Random

Notes, explications et observations pour aller plus loin.

Smollett, T. (Tobias) · 2003 · 24 min

Notes de lecture : Les Aventures de Roderick Random

Tobias Smollett (1748)

Un roman picaresque de 69 chapitres suivant Roderick Random de sa naissance jusqu’à sa fortune ultime. Smollett s’appuie sur sa propre expérience navale pour dénoncer la brutalité et la corruption de la Grande-Bretagne du XVIIIe siècle.


Première partie : Naissance et premières épreuves

Chapitre I : Parenté et rêve prophétique

Roderick naît dans le nord de l’Écosse de parents dont le mariage secret s’attire la colère de son grand-père. Le grand-père, un juge fortuné connu pour sa sévérité envers les mendiants, déshérite le père de Roderick. Avant la naissance, la mère de Roderick rêve qu’elle donne naissance à une balle de tennis que le diable frappe au loin, pour qu’ensuite elle revienne et s’épanouisse en arbre. Un prophète des Highlands interprète cela favorablement : Roderick deviendra un grand voyageur, affrontera de nombreux dangers, mais reviendra chez lui dans le bonheur et la considération.

La mère, après avoir été cruellement chassée de la maison de son grand-père, meurt en couches. Le père disparaît, présumé mort par suicide.

Chapitre II : Persécution durant l’enfance

Les cousins de Roderick développent une haine implacable envers lui. Son grand-père lui interdit l’accès, et l’enfant est envoyé dans une école de village mais négligé — vêtu de haillons, apprenant le latin malgré les tentatives actives du maître d’école pour empêcher ses progrès. Le maître attache la main de Roderick dans un instrument de torture pour l’empêcher d’écrire des lettres.

À l’âge de douze ans, Roderick organise une faction d’écoliers de trente membres contre son persécuteur. Il harcèle l’héritier de la famille, qui lance des beagles contre lui. Roderick se venge en cassant quatre des dents de devant du précepteur avec un caillou.

Chapitres III–V : Oncle Tom Bowling et le chemin vers l’éducation

Le lieutenant Tom Bowling, oncle maternel de Roderick, arrive — un marin aguerri qui massacre les chiens de la famille, Jowler et Caesar, pour défendre son neveu. Au chevet du grand-père mourant, oncle Tom exige qu’on pourvoie aux besoins du garçon. Le grand-père n’offre qu’un apprentissage chez un artisan ; oncle Tom refuse avec indignation et part, promettant que le garçon ne manquera de rien tant qu’il aura un shilling.

Le grand-père meurt, laissant tout au jeune hobereau. Les cousines ne reçoivent rien. Apprenant les abus continuels du maître d’école, oncle Tom aide Roderick à préparer sa vengeance. Les trois conspirateurs — Roderick, Jeremy Gawky et Hugh Strap — tendent une embuscade et fouettent le tyran. Oncle Tom administre le châtiment avec un chat à neuf queues.

Roderick est installé chez un apothicaire près d’une ville universitaire, où son oncle finance ses études avant de partir pour le service naval.

Deuxième partie : L’université et Londres

Chapitre VI : Ascension et trahison

Pendant plus de trois ans, Roderick excelle en grec, en mathématiques et en philosophie. Ses talents poétiques lui gagnent la faveur des habitants de la ville. Ses riches cousines, qui le méprisaient autrefois, cherchent maintenant à le fréquenter. Roderick les repousse, et elles conspirent pour se venger : elles engagent quelqu’un pour écrire des vers contre lui, puis excitent un jeune gentleman à comploter pour faire plonger Roderick dans la rivière. Roderick déjoue l’embuscade.

Cependant, un confident le trahit auprès des cousines, en publiant des récits exagérés de ses modestes affaires de cœur. Sa réputation s’effondre. Puis arrive la nouvelle : l’oncle Tom a tué le capitaine Oakum en légitime défense au cap Tiberoon et s’est enfui chez les Français. L’apothicaire met Roderick à la porte. Un faux ami feint la sympathie, puis le chasse. Le squire Gawky, un autre ancien camarade d’école, se montre indifférent à la détresse de Roderick.

Roderick provoque Gawky en duel ; Gawky s’enfuit. Roderick publie l’histoire, mais doit vendre son chapeau bordé d’or pour payer les frais.

Chapitre VII : Service chez M. Crab

Sans le sou, Roderick rencontre M. Launcelot Crab, un chirurgien corpulent au nez enflé et bourgeonnant, qui voue une haine mortelle à son rival Potion. Crab exploite les connaissances pharmaceutiques de Roderick tout en le traitant cruellement. Roderick découvre le tempérament singulier de Crab : la soumission le met en rage, mais une résistance audacieuse lui vaut un respect réticent.

Après deux ans sans salaire, la situation de Roderick prend fin lorsqu’une domestique l’accuse d’être le père de son enfant. Roderick détourne les soupçons sur Crab qui, craignant le scandale, fournit de l’argent à Roderick pour qu’il parte. Crab lui donne une lettre pour un membre du Parlement et un prêt pour Londres, où Roderick espère devenir aide-chirurgien à bord d’un navire du roi.

Chapitres VIII–XI : Voyage à Londres

Roderick rencontre Hugh Strap à Newcastle — le fidèle camarade d’école qui avait aidé à fouetter le maître d’école. Strap propose de l’accompagner par voie de terre. Dans une taverne en bord de route, ils partagent le souper avec un colporteur, pour découvrir à minuit que le bandit de grand chemin Rifle occupe la chambre voisine. Rifle vient de manquer le vol de quatre cents livres destinées à recruter des soldats.

Le lendemain, Rifle les rattrape et tire sur Strap (qui n’est que paralysé par la peur). Des cavaliers à sa poursuite sauvent Roderick. Dans une auberge, Roderick observe un curé nommé Shuffle tromper systématiquement des fermiers aux cartes, puis les divertir en jouant du violon.

Rifle est capturé mais s’échappe par une fenêtre du grenier. Roderick et Strap atteignent une ville de marché, partagent un logement avec un sergent recruteur qui rugit des menaces martiales dans son sommeil, et trouvent refuge chez un maître d’école classique qui cite Horace et leur facture huit shillings et sept pence pour son hospitalité.

Ils rejoignent un chariot avec le capitaine Weazel (un fanfaron maigre comme une araignée), son épouse, Miss Jenny (une prostituée), et un vieil usurier. Une confusion nocturne implique des pots de chambre, de fausses accusations de viol, et un chaos général. La lâcheté de Weazel est exposée à plusieurs reprises ; Miss Jenny vole cinq guinées à l’usurier en le menaçant de fausses accusations.

Troisième partie : Londres et duperie

Chapitre XIII : Arrivée à Londres

Des bruits étranges dans une auberge terrifient Strap — un corbeau apprivoisé portant des grelots apparaît dans leur chambre, suivi d’un vieil homme cherchant son animal nommé Ralpho. Joey le conducteur explique ces apparitions.

À Londres, Roderick et Strap sont éclaboussés par la farce d’un cocher et moqués dans une taverne. Roderick se bat contre un bel esprit et gagne l’approbation. Un valet leur donne de fausses indications, les menant au bord de la rivière. Un marchand de tabac écossais les remet sur le bon chemin.

Leur logement bon marché implique de « plonger » — descendre dans les cuisines pour manger parmi les cochers de fiacre et les domestiques. Strap tombe dans un établissement, ébouillantant un tambour, mais ils dînent délicieusement pour deux pennies et demi.

Chapitres XIV–XV : La déception de Cringer

L’ami pédant de Strap se moque de l’apparence misérable et des cheveux carotte de Roderick, insistant pour qu’il achète une perruque avant d’aller voir M. Cringer. À la porte de Cringer, les coups trop zélés de Strap provoquent une déverse de pot de chambre venu d’en haut ; il réagit en fracassant la porte avec une pierre.

Un inconnu ramasse la demi-couronne échappée de Roderick et les invite à boire. Il vante les Écossais et propose une partie de cartes. Roderick gagne au whist, puis perd tout au piquet contre deux inconnus qui partent. Roderick est de nouveau sans le sou.

Strap donne à Roderick ses économies de toute une vie — deux demi-guinées et une demi-couronne. Le propriétaire révèle qu’il s’agit d’« escamoteurs » qui ciblent les inconnus. Roderick corrompt le valet de Cringer avec un shilling et obtient l’admission, mais Cringer écarte sa demande d’un brevet de chirurgien avec une froide indifférence.

Strap trouve du travail chez un perruquier. Cringer refile Roderick à M. Staytape. Un autre chirurgien écossais explique la marche à suivre : écrire au Bureau de la Marine, passer l’examen à Surgeons’ Hall, corrompre le secrétaire. Le coût est prohibitif, et Roderick prête l’argent qui lui reste à un inconnu qui promet de rembourser.


Quatrième partie : Service d’apothicaire et intrigues

Chapitres XVI–XVIII : Qualification navale et Lavement

Roderick manque un rendez-vous avec un certain Bean Jackson, qui avait manqué leur rencontre à cause d’une liaison secrète avec une femme fortunée. À Surgeons’ Hall, Roderick réussit son examen malgré l’hostilité de M. Snarler envers les Écossais. Il se retrouve presque sans le sou.

Jackson, déguisé avec des rides peintes et une barbe, est démasqué comme imposteur et manque d’être envoyé à Bridewell. Ils soudoient le bedeau. Une visite à la taverne mène à la maison de nuit où la bourse de Jackson est volée. Tous sont arrêtés, puis relâchés par un juge qui les terrifie comme avertissement pour la première fois.

Roderick retrouve Strap fou d’inquiétude. Strap s’était battu avec un forgeron qui s’était moqué de lui, perdant sa perruque et sa chemise volées par des voleurs. Le maître d’école obtient à Roderick un poste chez M. Lavement, un apothicaire français. Roderick reçoit des vêtements à crédit.

Chapitres XIX–XXI : Le ménage Lavement

M. Lavement est un réfugié français avare marié à une épouse anglaise perspicace. Leur fille, sur le point d’hériter d’une fortune, a vu deux propositions de mariage ruinées par l’avarice de son père. Elle dédaigne d’abord Roderick, mais quand il s’habille élégamment un dimanche, elle ne le reconnaît pas — puis lui fait une révérence. Mortifiée en découvrant son erreur, elle devient hostile.

Le capitaine O’Donnell, un locataire, a une liaison avec Mme Lavement, provoquant la jalousie de son mari. Roderick découvre le capitaine l’ayant poignardé — la pointe brisée d’une blessure correspond au fragment dans son corps. Roderick orchestre sa vengeance : déguisé, il invite O’Donnell dans un endroit isolé où il est dépouillé et fouetté avec des orties.

O’Donnell s’enfuit, laissant un coffre rempli de pierres. Strap part au service d’un gentleman à l’étranger. Roderick courtise une belle héritière, pour découvrir qu’elle a un sombre dessein contre lui.

Le squire Gawky arrive chez Lavement en tant que lieutenant. Roderick le sauve des gardes de nuit et est aveuglé d’un œil. Gawky nie sa lâcheté. En moins de quinze jours, Gawky enlève Mlle Lavement. Puis Gawky et sa femme conspirent pour faire accuser Roderick de vol de médicaments. L’apothicaire le renvoie ; ses connaissances refusent de le croire.

Roderick prend une mansarde bon marché près de St. Giles. Il y trouve Mlle Williams, l’ancienne dame, gisant près de la mort après l’abandon d’un charlatan. Il la soigne, lui pardonne ses manœuvres passées, et ils partagent le logement.


Cinquième partie : La mer

Chapitres XXIV–XXVI : Le HMS Thunder

Enroulé de force sur Tower Hill, Roderick se bat férocement mais est maîtrisé et blessé. Sur le navire de presse, il est enfermé dans la cale. Une sentinelle nommée Jack Rattlin se lie d’amitié avec lui et raconte la querelle entre le capitaine Oakum et le lieutenant Bowling, dont le duel a entraîné l’exil de Bowling.

Roderick monte à bord du HMS Thunder et est raillé par les marins. Un aspirant, Crampley, le bat et le fait emprisonner. Jack Rattlin prévient le chirurgien ; Thompson témoigne. Roderick est disculpé ; Crampley est confiné.

Thompson devient l’ami de Roderick. Le second Morgan, un Gallois, conteste la présence de Roderick à la table des officiers mais cède lorsqu’il entend parler de la bonne famille de Roderick, prétendant descendre de Caractacus. Morgan donne à Roderick deux chemises à jabots.

L’infirmerie abrite cinquante patients entassés les uns contre les autres, respirant un air fétide, dévorés par la vermine. Roderick aide à administrer des lavements. Un accident de boîte à parfum diffuse la puanteur ; un malade pince le nez de Roderick en représailles.

Chapitres XXVII–XXVIII : Promotion et bataille

Roderick devient aide-chirurgien après le départ du docteur Atkins. Il se bat à mains nues contre Crampley et le vainc. Le capitaine Oakum arrive avec le brutal Dr Mackshane. Oakum refuse de reconnaître la liste des malades, obligeant les patients délirants à paraître sur le pont. Beaucoup meurent.

Un fou est libéré de ses liens malgré l’avis de Morgan ; il attaque à la fois le capitaine et le chirurgien. Thompson, désespéré par la méchanceté de Mackshane, saute par-dessus bord et est présumé noyé.

Une tempête frappe la flotte. Jack Rattlin souffre d’une jambe cassée. Mackshane ordonne l’amputation, mais Morgan et Roderick traitent avec succès la fracture, sauvant la jambe.

Chapitres XXIX–XXX : Persécution et simulacre de procès

Roderick est emprisonné sur la dunette comme espion, exposé au soleil et à l’humidité pendant douze jours. Morgan le rejoint. Thompson est soudoyé pour fabriquer des preuves. Quand la bataille approche, Mackshane libère Morgan mais garde Roderick entravé. Roderick voit la tête d’un fusilier emportée par un boulet et un tambour mourir de blessures à l’abdomen.

Une dispute entre témoins grecs met au jour la subornation de faux témoignages par Mackshane. Roderick et Morgan sont libérés. Mackshane feint de leur souhaiter du bien.

Chapitres XXXI–XXXIII : La campagne de Carthagène

La flotte fait voile vers la Jamaïque, puis rejoint l’escadre des Antilles à Hispaniola. Les navires français se sont déjà enfuis, alertant les Espagnols. La flotte mouille au vent de Carthagène pendant dix jours, permettant aux Espagnols de se préparer.

Les troupes débarquent et érigent des batteries. Le fort de Bocca Chica tombe après quatre heures de bombardement ; les marins capturent le fort Saint-Joseph. Mais un assaut contre le château de Saint-Lazare échoue de manière catastrophique — huit mille hommes se réduisent à mille cinq cents aptes au service.

Les rations sont putrides : bœuf en « cheval irlandais », porc de Nouvelle-Angleterre infesté d’insectes, beurre au goût d’huile de baleine. L’eau est rationnée à un quart par jour malgré des approvisionnements suffisants.


Sixième partie : Rétablissement et servitude

Chapitres XXXIV–XXXVI : Rétablissement et naufrage

Roderick contracte la fièvre bilieuse qui tue les trois quarts de ses victimes. Il ne peut survivre dans la chaleur du poste d’équipage. Crampley signale sa désobéissance, mais un sergent lui offre sa couchette. Roderick se rétablit par la sueur et la détermination, trompant Morgan avec une mort simulée.

Le capitaine Oakum est relevé par le capitaine Whiffle, un dandy fétiche qui porte du parfum et un masque. La candidature de Morgan au poste de chirurgien échoue — Whiffle le traite de monstre et de puant.

Roderick se propose de rester dans les Antilles lorsqu’on ordonne de libérer un officier. Il reçoit un brevet sur le sloop le Lizard. Crampley, maintenant lieutenant, commence à le persécuter. Roderick est affecté à un hôpital à terre à Port Morant.

À l’hôpital, Roderick retrouve Thompson, qu’il croyait noyé. Thompson avait nagé jusqu’à un schooner de Rhode Island et était devenu surveillant sur une plantation de la Jamaïque. Thompson comble Roderick de cadeaux. Le chirurgien Tomlins défend Roderick contre les calomnies de Crampley.

Chapitres XXXVII–XXXIX : Service de laquais

Un naufrage au large de la côte échoue Roderick. Il combat Crampley, mais l’équipage l’attaque et le dépouille. Il est dépouillé jusqu’à la chemise et la culotte. En désespoir de cause, il est secouru par une veuve soupçonnée de sorcellerie qui raconte sa propre histoire de reniement par des parents riches pour avoir épousé un pauvre lieutenant.

La veuve recommande Roderick comme laquais à un virtuose excentrique qui néglige son apparence pour l’étude. Il tombe amoureux au premier regard de Narcissa, la nièce de la dame. Il lui raconte une histoire inventée de recrutement forcé et de naufrage, gagnant sa sympathie.

Chapitres XL–XLI : Évasion et fuite

Roderick sauve Narcissa de l’agression de Sir Timothy Thicket, puis avoue son amour et fuit la vengeance attendue. Des contrebandiers le capturent et le transportent à Boulogne. Là, il trouve l’oncle Bowling, dans la misère après un naufrage. Roderick lui donne cinq guinées.

Bowling raconte ses mésaventures : enrôlé comme simple matelot sur un navire français, promu quartier-maître, enfui pour avoir combattu ses compatriotes, naufragé sur la côte française. Il va demander sa réintégration à l’Amirauté.

Roderick reste en France. Un prêtre écossais se lie d’amitié avec lui mais se querelle avec l’oncle Bowling au sujet de la religion. Roderick part pour Paris avec un capucin nommé Balthazar, qui se révèle lubrique et hypocrite.


Septième partie : Service militaire et retour

Chapitres XLII–XLIV : Régiment de Picardie

Près d’Amiens, le Capucin vole tout l’argent de Roderick. Désespéré, Roderick s’enrôle dans le Régiment de Picardie. La marche vers l’Allemagne est brutale ; un duel avec un vieux Gascon laisse Roderick désarmé et blessé.

Roderick apprend l’escrime auprès d’un tambour irlandais. Le régiment rejoint le maréchal de Noailles avant la bataille de Dettingen. Les Français fuient après avoir attaqué les Alliés avec des résultats désastreux. Roderick bat le vieux Gascon lors de la revanche.

Dans les quartiers d’hiver à Reims, Roderick est dans la misère. Mais il rencontre Strap, qui a hérité de trois cents livres de son défunt maître. Strap habille Roderick, obtient sa libération, et ils voyagent à Paris, puis en Angleterre.

Chapitres XLV–XLVI : La société londonienne

À Londres, Roderick apprend que l’oncle Bowling est parti en mer. Il s’habille avec élégance, fréquente les cafés, et rencontre Medlar, un Anglais patriote, et le Dr Wagtail, un médecin pédant. Roderick gagne cinquante pistoles au jeu de hasard.

Au Bedford Coffee House, il rencontre Bragwell, Banter, Chatter, Slyboot et Ranter. Ils jouent de cruelles farces à Wagtail. Banter se moque de Roderick au sujet de son duel avec Sir Timothy, mais lui prête cinq guinées.

Chapitres XLVII–L : Intrigues amoureuses

Roderick courtise Melinda, une coquette fortunée, perdant dix-huit guinées aux cartes. Il est provoqué en duel par le prétendant irlandais Rourk Oregan ; leurs pistolets font long feu, et ils se séparent en bons termes. Roderick fait sa demande à Melinda, mais est rejeté faute de fortune établie.

Un plan de vengeance contre Melinda consistant à se faire passer pour un marquis français réussit, mais Roderick perd son crédit auprès des dames. Il reçoit des lettres d’une « incognita » — pour découvrir que la correspondante est une gouvernante de soixante-dix ans, Miss Withers, qui sent l’ail. Il s’enfuit.

Chapitres LI–LII : Patronage et emprisonnement

Roderick cultive la relation avec les lords Straddle et Swillpot, qui le présentent au comte Strutwell. Strutwell promet un poste de secrétaire et accepte la montre en or de Roderick. Banter révèle que Strutwell est notoire pour dépouiller les visiteurs de leur argent et de leurs objets de valeur. Roderick perd la montre et le diamant.

Roderick gagne 150 guinées à la table de jeu. Mme Gawky (Miss Lavement) arrive pénitente, confessant la conspiration. Roderick lui fait prêter serment devant un magistrat ; elle est réconciliée avec son père, qui lui verse une rente annuelle.


Huitième partie : Narcissa

Chapitres LIII–LVI : L’assemblée de Bath

Banter propose à Roderick d’épouser la fille d’une parente à lui, une héritière maladive dotée de vingt mille livres. Roderick accepte, moyennant une obligation de cinq cents livres payable après le mariage. En route vers Bath, il rencontre Miss Snapper, spirituelle et à la langue acérée.

Des voleurs approchent ; Roderick en capture un. À Bath, Miss Snapper repousse l’insulte de Beau Nash par une repartie habile. Lors d’une assemblée, Roderick aperçoit Narcissa. Il est transporté d’amour mais doit danser avec Miss Snapper. Miss Williams, le rencontrant ensuite, révèle que Narcissa a médité son histoire avec admiration.

Roderick est présenté au frère de Narcissa, Freeman, ainsi qu’au squire. Il gagne la faveur du squire mais doit le vaincre à boire. Il imagine un stratagème avec une pinte pour éviter l’ivresse.

Chapitres LVII–LIX : Déclaration et duel

Des lettres sont échangées entre Roderick et Narcissa par l’intermédiaire de Miss Williams. Lors d’un bal, un gentilhomme fait la cour à Narcissa ; Roderick est rongé par la jalousie. Il affronte le squire dans la Long Room, déchirant un billet insultant.

Lord Quiverwit se moque de lui. Roderick croise le fer avec Quiverwit, recevant une blessure au cou mais finissant par le vaincre et lui faisant sauter trois dents. Sa blessure se révèle légère.

Chapitres LX–LXI : Séparation et emprisonnement

Lord Quiverwit révèle au squire que Roderick courtise Narcissa. Le squire emmène Narcissa au loin. Roderick joue de manière imprudente, gagnant puis perdant tout. Il se rend à Londres, mettant son épée en gage.

Il est arrêté pour la dette du tailleur et emprisonné à la Marshalsea. Il y rencontre Jackson et le poète Mélopoyn, dont la tragédie a été sabotée par des directeurs de théâtre. Strap devient barbier compagnon pour les subvenir.

Chapitres LXII–LXIV : Emprisonnement et délivrance

Mélopoyn raconte son histoire : élevé par un père curé, sa tragédie fut détruite par un cuisinier qui utilisa le manuscrit pour larder des volailles. Il la réécrit de mémoire. Suivent des années de délais, de trahisons et de déceptions. Il se tourne vers l’écriture de ballades de Grub Street, puis vers les histoires de fantômes. Enfin, il est arrêté pour dettes.

L’oncle Bowling arrive de Guinée, ayant capturé une prise valant trois mille livres. Il acquitte les dettes de Roderick et lui offre le poste de chirurgien de bord. Roderick accepte.

Partie Neuf : Le Voyage

Chapitre LXV : Adieu et Traite des Esclaves

Roderick se rend secrètement à cheval dans le Sussex pour voir Narcissa une dernière fois. Mme Sagely l’aide à entrer dans le jardin du squire. Il se cache jusqu’au soir, laissant son portrait. Narcissa le découvre, l’embrasse, et Roderick se révèle. Ils échangent des serments de fidélité éternelle avant de se séparer.

Le navire révèle sa véritable destination : la Guinée, pour commercer des esclaves à vendre au Paraguay. Roderick étudie l’espagnol. Un navire de guerre anglais, déguisé en français, les poursuit, puis les salue comme un ami.

Ils achètent quatre cents Nègres sur la côte de Guinée. Une épidémie tue de nombreux esclaves et marins, y compris l’un des compagnons de Roderick. Strap manque de mourir.

Chapitre LXVI : Découverte d’un Père

À Buenos Aires, Don Antonio présente Roderick à Don Rodrigo, un gentleman anglais qui y vit depuis de nombreuses années. Don Rodrigo donne à Roderick une bague en améthyste et soupire, disant qu’il avait autrefois un fils qui aurait presque l’âge de Roderick. Lorsque Roderick révèle son nom et celui de sa mère, Don Rodrigo l’embrasse en s’écriant : « Mon fils ! Mon fils ! »

Roderick tombe malade d’une fièvre mais se rétablit. Don Rodrigo, son père, vit en exil depuis que son père l’a déshérité pour avoir épousé la mère de Roderick. Il possède une fortune envoyée en Hollande et quinze mille livres en argent. Il approuve l’amour de Roderick pour Narcissa.

Chapitres LXVII–LXVIII : Résolution

Ils naviguent vers la Jamaïque, visitant Thompson, dont la femme a hérité d’une fortune. Le capitaine Oakum est mort ; le Dr Mackshane est emprisonné. Roderick envoie dix pistoles à Mackshane.

En Angleterre, Roderick se rend à cheval chez Mme Sagely, qui lui dit que Narcissa vit à Londres avec Miss Williams. Il la retrouve dans l’extase. Don Rodrigo donne cinq cents livres à Narcissa. Le squire refuse de consentir à leur mariage ; ils se marient malgré tout, avec l’oncle Bowling qui mène Narcissa à l’autel.

À une pièce de théâtre, le squire et Melinda voient Narcissa les éclipser. Les connaissances qui s’étaient moquées de Roderick courtisent désormais leur faveur.

Chapitre LXIX : Retour en Écosse

Le groupe voyage en Écosse, visitant l’ancienne école de Roderick. Il rachète la propriété de son grand-père, découvrant qu’elle a été vendue après que le chasseur au renard l’a ruinée. Les tenanciers les accueillent avec des acclamations.

Strap épouse Miss Williams avec la bénédiction de Don Rodrigo et cinq cents livres. Roderick apprend que son procureur a recouvré la fortune de Narcissa — la restriction sur son héritage expire à dix-neuf ans.

Thèmes principaux et observations

Satire de la société britannique : Smollett expose la corruption à tous les niveaux — depuis le brutal maître d’école jusqu’au secrétaire rapace de l’Amirauté, depuis les directeurs de théâtre jusqu’aux mécènes aristocratiques qui dépouillent leurs protégés de leur argent et de leur vertu.

Le schéma picaresque : Roderick passe d’employeurs en lieux et en intrigues, sans jamais s’installer, toujours soumis à de nouvelles épreuves. Sa fortune monte et descend avec une rapidité étourdissante.

Amitié et loyauté : Hugh Strap demeure fidèle à travers chaque revers, finissant par hériter d’une fortune et par faire un bon mariage. Jack Rattlin, Thompson et Morgan se révèlent des compagnons dignes de confiance face aux nombreux traîtres.

Amour et classe sociale : la quête de Narcisse par Roderick par-delà les barrières de classe, la dissimulation de ses origines et la constance de celle-ci malgré le scandale forment le cœur émotionnel du roman.

La mer : S’appuyant sur son propre service naval, Smollett présente avec une précision quasi documentaire les horreurs de la presse, les capitaines brutaux, les navires pestilentiels et les campagnes militaires manquées.


Le roman s’achève avec Roderick rétabli dans son domaine ancestral, marié à sa bien-aimée et entouré d’amis fidèles — une inversion picaresque du point de départ des épreuves de l’orphelin.