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Castles

The Mysteries of Udolpho

Radcliffe, Ann Ward · 2002 · 19 min

CHAPITRE VII

Le matin se lève, doux et doré, sur les contreforts des Pyrénées, et Emily St. Aubert se réveille de rêves agités pour accueillir un monde que son père ne tardera pas à quitter. De sa fenêtre, elle regarde les bois s’illuminer, écoute le lointain tintement d’une cloche de couvent, le murmure de la mer, le chant des oiseaux et le mugissement des bovins se déplaçant entre les arbres. Le spectacle apaise son esprit troublé, et elle compose des vers célébrant « La Première Heure du Matin », bien que ses derniers vers confesse la vanité de toute beauté naturelle lorsque la santé a fui et qu’un parent s’éteint.

Lorsqu’elle redescend dans le petit salon du cottage de La Voisin, elle trouve son père déjà levé et apparemment peu restauré par le sommeil. St. Aubert, contemplant ce qui l’entoure avec le regard d’un homme faisant ses adieux aux réconforts terrestres, déclare au vénérable hôte qu’il envie au cottage son agrément, son calme et son air pur. La Voisin répond avec la galanterie française que le cottage n’est enviable que parce qu’il a été honoré par la présence de ses hôtes. À la table du petit-déjeuner — garnie de crème, de fruits, de fromage frais, de beurre et de café — Emily observe avec effroi que son père a l’air terriblement malade et le prie de remettre leur voyage à l’après-midi. St. Aubert insiste pour qu’ils doivent poursuivre dans la fraîcheur de l’air matinal, mais tandis qu’il parle, son visage change, et avant qu’Emily puisse le rejoindre, il s’affaisse dans son fauteuil.

Revenu de son évanouissement, St. Aubert admet qu’il ne peut voyager et prie qu’on l’aide à remonter se coucher. Emily, luttant pour dissimuler son effroi, lui offre son bras tremblant. Une fois au lit, il demande qu’on la fasse venir et congédie tout autre personne de la chambre. Lorsqu’ils sont seuls, il lui prend la main et pose sur elle un regard si chargé de tendresse et de chagrin que toute sa résolution se dissout. Il s’efforce de parler, lui serre la main, et parvient enfin à maîtriser sa voix : « Ma chère enfant, je voudrais adoucir la douloureuse vérité que j’ai à t’annoncer, mais je me trouve tout à fait incapable de cet art. » Il doit lui annoncer qu’ils vont bientôt se séparer. Emily, frappée comme pour la première fois par la réalité de son danger, le contemple avec une indicible agonie, puis s’effondre, privée de sens.

Quand elle reprend ses esprits, Saint-Aubert est épuisé, mais après avoir pris un cordial, il fait effort pour la calmer. Ils pleurent ensemble en silence. Rappelée enfin à son sens du devoir, Émilie essuie ses larmes et parle de réconfort. Son père lui répond avec la dignité d’un saint et la tendresse d’un parent : il la confie à la protection d’un Dieu qui ne les a jamais abandonnés ; il lui dit qu’il la laisse toujours sous cette garde, et que, même s’il quitte ce monde, il sera dans la présence de Dieu. Il l’exhorte à ne pas pleurer comme quelqu’un sans espérance, lui rappelant que mourir est le lot commun, et que l’âge lui-même lui aurait apporté infirmité et chagrin. Il s’arrête, fatigué, et finit par revenir à un sujet qui lui tient à cœur : une promesse solennelle qu’il doit lui arracher.

Avant de s’expliquer davantage, il la lie par un vœu à accomplir exactement ce qu’il lui enjoindra. Émilie, impressionnée par son attitude, donne sa promesse bien qu’elle frémisse à sa solennité. Il décrit ensuite une cachette : une planche coulissante dans le sol d’un placard attenant à sa chambre à La Vallée, marquée par un nœud dans le bois et une ligne traversant la planche près de la fenêtre. Quand elle rentrera chez elle, elle devra se rendre à cet endroit, trouver un paquet de papiers écrits sous la planche, et les brûler sans les examiner. Il refuse d’expliquer ses raisons, ne lui disant seulement que le respect de la promesse est de la plus haute importance pour sa tranquillité. Sous la même planche, elle trouvera environ deux cents louis d’or enveloppés dans un petit sac de soie, tout l’argent comptant qu’il a à lui laisser. Il lui fait promettre en outre qu’elle ne vendra jamais le château, quelles que soient ses circonstances, et que si elle se marie, elle devra inscrire une clause dans le contrat stipulant que le château lui appartiendra toujours. Il lui confie qu’il l’a confiée aux soins de sa sœur, Madame Cheron, jusqu’à ce qu’elle soit majeure, la considérant, « dans l’ensemble — une bonne femme gentille. »

Épuisé, Saint-Aubert s’assoupit. Emily l’observe et pleure jusqu’à ce qu’un léger coup frappé annonce un confesseur du couvent voisin. À son réveil, son père a l’esprit confus, mais il se reprend et consent à recevoir le saint père. Emily se retire pendant qu’ils s’entretiennent en privé pendant une demi-heure. À son retour, elle trouve Saint-Aubert plus agité, bien qu’il souhaite qu’elle se joigne à la prière. La Voisin et sa fille arrivent, et tous s’agenouillent autour du lit tandis que le prêtre récite les prières pour les mourants et administre l’extrême-onction. Saint-Aubert est étendu, le visage serein, les lèvres remuant dans la dévotion, ses larmes s’échappant furtivement sous ses paupières closes.

Après le départ du moine, Saint-Aubert confie Emily aux soins de La Voisin, et le vieil homme, en pleurs, propose de l’accompagner en Gascogne — une offre que Saint-Aubert accepte avec une émotion reconnaissante. Le père et la fille restent seuls. Peut-être que Saint-Aubert n’a jamais pensé avec autant de justesse que durant ces dernières heures. Il conseille à Emily de se méfier de « l’orgueil des beaux sentiments », l’avertissant que la sensibilité, bien qu’aimable, est une qualité dangereuse qui tire un excès de misère de chaque circonstance. Il ne voudrait pas lui apprendre à devenir insensible, mais seulement à maîtriser ses sentiments. Il lui dit qu’un acte de bienfaisance vaut tout le sentiment abstrait du monde, que le sentiment sans vertu active est une honte plutôt qu’un ornement. Il lui recommande de se concilier la bienveillance de sa tante pour l’amour de lui. Emily lui assure qu’elle accomplira religieusement tout ce qu’il demande.

Enfin, Saint-Aubert, ses forces l’abandonnant, tend les mains et demande où elle est. Emily, qui s’était tournée vers la fenêtre pour cacher son angoisse, réalise que sa vue l’a quitté. Il prononce sa bénédiction, et cela semble être le dernier effort d’une vie qui s’éteint. Elle embrasse son front, où les sueurs de la mort se sont déposées. Il lève les yeux — l’esprit d’un père y revient — puis ne parle plus. Vers trois heures de l’après-midi, sans une lutte ni un soupir, Saint-Aubert expire.

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