Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde
L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de monsieur Hyde de Stevenson, Robert Louis se déploie à travers 9 chapitres. La première partie de *L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de monsieur Hyde* présente aux lecteurs le mystérieux Edward Hyde à travers les yeux de M. Utterson, un avocat méticuleux. Le récit s'ouvre sur une promenade dominicale entre Utterson et son lointain cousin Richard Enfield, qui raconte un incident troublant impliquant un petit homme sinistre ayant piétiné sans pitié un enfant dans la rue. Cette rencontre mène à une discussion sur une porte mystérieuse dans un bâtiment lugubre, qu'Enfield surnomme « la Maison du Chantage ». Le chapitre établit le ton sombre et atmosphérique qui définira l'ensemble de la nouvelle et plante la graine de l'inquiétude croissante d'Utterson concernant le lien entre son ami le Dr Jekyll et l'abominable Hyde. Ce chapitre suit l'enquête de M. Utterson sur le mystérieux M. Hyde et son inquiétude grandissante pour son vieil ami le Dr Jekyll. Le récit retrace la nuit blanche d'Utterson à se tourmenter au sujet d'Hyde, sa surveillance ultérieure de la porte d'Hyde, sa rencontre face à face avec Hyde, sa visite d'enquête à la demeure de Jekyll, et enfin une conversation tendue avec Jekyll lui-même lors d'un dîner. Cette section couvre la requête du Dr Jekyll à M. Utterson concernant Edward Hyde, le meurtre de Sir Danvers Carew, et la découverte d'une lettre mystérieuse liée à la disparition d'Hyde.
*L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde*
La première partie de *L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde* présente aux lecteurs le mystérieux Edward Hyde à travers le regard de M. Utterson, un avocat méticuleux. Le récit s'ouvre sur une promenade dominicale entre Utterson et son lointain cousin Richard Enfield, qui raconte un incident troublant impliquant un petit homme sinistre ayant piétiné sans pitié un enfant dans la rue. Cette rencontre mène à une discussion sur une mystérieuse porte dans un bâtiment lugubre, qu'Enfield surnomme « la Maison du Chantage ». Le chapitre établit le ton sombre et atmosphérique qui définira l'ensemble de la nouvelle et plante la graine de l'inquiétude croissante d'Utterson concernant le lien entre son ami le docteur Jekyll et l'abominable Hyde.
Histoire de la porte
M. Utterson et Richard Enfield font leur promenade dominicale habituelle à travers un quartier prospère de Londres, où leur chemin les mène devant une ruelle sinistre. Enfield désigne un bâtiment délabré dont la porte cloquée et négligée ne possède ni cloche ni heurtoir. Il révèle que cette bâtisse est liée à une histoire troublante de son passé : par une nuit d'hiver, il a vu un petit homme difforme piétiner brutalement une jeune fille, puis poursuivre froidement son chemin. Quand Enfield et la famille de l'enfant ont confronté le coupable, ils l'ont forcé à payer une compensation — mais ils furent troublés par sa laideur et par le désir évident du médecin de le tuer. L'homme a produit un chèque signé par un personnage hautement respectable et célèbre, ce qui a conduit Enfield à soupçonner un chantage. Malgré leur malaise mutuel, aucun des deux hommes n'a enquêté plus avant, se conformant à la règle d'Enfield d'éviter les questions dans « Queer Street ». Quand Utterson insiste pour connaître le nom de l'homme, Enfield révèle qu'il s'agit de Hyde, le décrivant comme étant en quelque sorte difforme et détestable, bien qu'il ne puisse pas préciser exactement pourquoi.
À la recherche de M. Hyde
Après leur promenade, M. Utterson rentre chez lui, l'esprit accablé. Suivant sa routine dominicale, il délaisse sa lecture théologique habituelle et se rend dans son cabinet d'affaires pour examiner le testament du Dr Jekyll. Le document, qu'il a longtemps trouvé choquant, stipule qu'au décès de Jekyll ou en cas d'absence inexpliquée de plus de trois mois, tous ses biens devront revenir à Edward Hyde. Le testament tourmente Utterson, à la fois en tant qu'homme de loi qui attache de l'importance à la raison et à l'ordre, et en tant qu'ami qui craint que Jekyll ne soit tombé dans la disgrâce. N'ayant jusque-là connu que le nom d'Hyde, Utterson le rapproche maintenant des attributs haïssables décrits par Enfield — l'image d'un démon émerge du brouillard. Résolu à en savoir plus, Utterson se dirige vers Cavendish Square, pensant que le Dr Lanyon, confrère de Jekyll, détient peut-être les clés de cette troublante énigme.
Partie 2
Ce chapitre suit l'enquête de monsieur Utterson sur le mystérieux monsieur Hyde et l'inquiétude croissante qu'il éprouve pour son vieux ami le docteur Jekyll. Le récit retrace la nuit blanche d'Utterson, tourmenté par Hyde, la filature qu'il entreprend ensuite devant la porte d'Hyde, sa confrontation directe avec Hyde, sa visite d'investigation au domicile de Jekyll, et finalement un entretien tendu avec Jekyll en personne lors d'un dîner.
Utterson rend visite au docteur Lanyon
L'avocat rend visite à son vieil ami, le Dr Lanyon, qui l'accueille chaleureusement. Après les politesses d'usage, Utterson lui demande s'il sait quelque chose au sujet de Hyde. Lanyon nie avoir jamais entendu ce nom et révèle qu'il n'a plus eu aucun contact avec Jekyll depuis plus de dix ans, en raison de désaccords scientifiques. Lanyon décrit Jekyll comme ayant « dévié, dévié dans son esprit » et balaie les récentes idées de Jekyll comme étant des « balivernes non scientifiques ». Utterson est soulagé que la brouille entre les amis ne concerne que la science, et non quelque chose de plus grave.
La nuit sans sommeil d'Utterson
Utterson rentre chez lui et passe une nuit agitée, incapable de dormir. Son imagination lui représente des scènes saisissantes de Hyde piétinant un enfant dans la rue, puis de Hyde surgissant au chevet de Jekyll pour lui donner des ordres. Bien que Hyde hante ses rêves, le personnage n'a pas de visage distinct, ce qui ne fait qu'aviver chez Utterson le désir de voir Hyde en personne. Il est convaincu qu'une fois qu'il apercevra le visage de Hyde, le mystère entourant le lien entre Jekyll et cet homme — ainsi que l'étrange clause du testament de Jekyll — s'éclaircira.
Utterson monte la garde devant la porte
Déterminé à trouver Hyde, Utterson commence une surveillance de la mystérieuse porte dans la ruelle. Il s'y rend à différentes heures — le matin, à midi, et la nuit — attendant patiemment qu'Hyde apparaisse. Il résout de devenir « Mr. Seek » pour l'identité supposée d'Hyde.
La rencontre avec M. Hyde
Par une nuit froide et silencieuse, Utterson aperçoit enfin quelqu'un qui s'approche de la porte. Il s'avance et touche l'épaule de l'homme, le reconnaissant comme étant M. Hyde. Hyde tressaille mais se ressaisit rapidement. Utterson demande à entrer dans la maison de Jekyll, mais apprend que Jekyll est sorti. Hyde lui demande alors comment Utterson l'a reconnu, et quand Utterson mentionne des amis communs, Hyde s'agite, en particulier à la mention du nom de Jekyll. Hyde lui donne inopinément son adresse à Soho, puis se hâte d'entrer dans la maison, laissant Utterson seul, debout dans la rue.
Utterson se renseigne chez Jekyll
Utterson se rend à l'élégante demeure de Jekyll et s'entretient avec le majordome Poole. Lorsqu'on lui apprend que Jekyll est absent, Utterson mentionne avoir vu Hyde entrer par la salle de dissection. Poole confirme que Hyde possède une clé et que tous les domestiques ont ordre de lui obéir, bien que Hyde n'y prenne jamais ses repas et utilise l'entrée du laboratoire. Utterson part le cœur lourd, soucieux de son vieil ami.
La marche d'Utterson pour rentrer chez lui et ses réflexions
Sur le chemin du retour, Utterson réfléchit aux anciennes indélicatesses de Jekyll, redoutant que de vieux péchés ne reviennent désormais le hanter. Il imagine que Hyde a ses propres sombres secrets et s'inquiète à l'idée que Hyde puisse s'impatienter d'hériter en vertu des étranges dispositions du testament. Utterson se résout à aider Jekyll, si son ami veut bien le permettre.
Le Dr Jekyll était tout à fait à son aise
Deux semaines plus tard, lors d'un dîner, Utterson reste en arrière pour s'entretenir en privé avec Jekyll. Lorsqu'Utterson évoque le testament, puis Hyde, le visage de Jekyll pâlit et il déclare l'affaire close. Jekyll insiste sur le fait qu'Utterson ne comprend pas sa « très étrange situation » et qu'il ne peut rien faire pour l'aider. Utterson lui offre sa confiance et son soutien, le suppliant de se confier à lui.
Partie 3
Cette section traite de la requête du docteur Jekyll à monsieur Utterson au sujet d'Edward Hyde, du meurtre de sir Danvers Carew, ainsi que de la découverte d'une lettre mystérieuse associée à la disparition d'Hyde.
La promesse du Dr Jekyll à Utterson
Le Dr Jekyll exprime sa gratitude à M. Utterson pour sa loyauté, en l'assurant qu'il peut se débarrasser de M. Hyde quand il le souhaite. Jekyll prétend prendre un grand intérêt à Hyde, malgré l'aversion évidente qu'Utterson manifeste à l'égard de cet homme. Il obtient d'Utterson la promesse que, si quoi que ce soit devait arriver à Jekyll, celui-ci devra prendre fait et cause pour Hyde et veiller à ce qu'il reçoive un traitement équitable. Utterson accepte à contrecœur, en prenant bien soin de préciser qu'il ne promet pas d'aimer Hyde, mais seulement de lui venir en aide.
L'affaire du meurtre de Carew
Près d'un an plus tard, Sir Danvers Carew—un gentleman âgé et respecté—est brutalement assassiné dans une ruelle près de la rivière. Une servante est témoin de l'attaque depuis sa fenêtre. Elle décrit comment Hyde s'approche de Carew avec une hostilité manifeste, puis le bat à mort avec une lourde canne, continuant à piétiner et à frapper le corps même après la chute du vieil homme. La canne se brise sous la violence des coups. Quand Utterson examine les preuves au poste de police, il reconnaît dans le bâton brisé celui qu'il a offert il y a longtemps à Jekyll. L'homme assassiné est identifié comme étant Sir Danvers Carew, l'un des clients d'Utterson. La police et Utterson se rendent à l'adresse de Hyde à Soho, pour découvrir les pièces saccagées—des papiers brûlés dans l'âtre, les tiroirs vidés. La propriétaire révèle que Hyde s'était enfui après être revenu brièvement pendant la nuit. L'inspecteur Newcomen découvre un fragment préservé d'un carnet de chèques et apprend que plusieurs milliers de livres restent sur le compte bancaire de Hyde, preuve que le meurtrier s'est enfui dans la panique. Malgré des efforts considérables, Hyde reste introuvable ; les témoins ne décrivent qu'une difformité indescriptible et des détails physiques variés, rendant l'identification difficile.
L'incident de la lettre
Utterson se rend au laboratoire de Jekyll plus tard dans l'après-midi. Jekyll semble gravement malade et accueille Utterson d'une voix changée. Utterson le confronte au sujet du meurtre de Carew, rappelant à Jekyll qu'ils étaient tous deux ses clients. Jekyll jure solennellement qu'il ne reverra plus jamais Hyde, affirmant que Hyde est en sécurité et qu'on n'entendra plus parler de lui. Jekyll mentionne avoir reçu une lettre de Hyde et demande à Utterson de le conseiller sur l'opportunité de la montrer à la police. La lettre, écrite de l'écriture caractéristique de Hyde, assure Jekyll qu'il n'a pas à craindre pour sa sécurité, car il dispose de moyens d'évasion. Jekyll a brûlé l'enveloppe avant d'y réfléchir, mais le billet a été remis en main propre. Utterson constate que la lettre reflète leur relation sous un jour plus favorable qu'il ne s'y attendait, bien qu'il se demande pourquoi Jekyll a accepté qu'Hyde contrôle les termes de son testament — un détail qui a failli coûter la vie à Jekyll, car Hyde avait probablement prémédité un meurtre. Jekyll accepte cette chance inouïe comme une leçon profonde. Avant de partir, Utterson interroge Poole au sujet d'une lettre livrée, mais Poole répond que seuls des prospectus sont arrivés par la poste, ce qui soulève des questions sur l'identité de celui qui a réellement remis le message de Hyde.
Partie 4
Cette section poursuit le récit à la suite du meurtre de Sir Danvers Carew, tandis que M. Utterson est en proie à des préoccupations concernant la réputation de son client et l'implication du mystérieux M. Hyde.
La comparaison des écritures manuscrites
Utterson invite son premier clerc, M. Guest, à dîner et lui soumet un mystérieux document rédigé par M. Hyde. Guest, expert en écritures, examine le document et y remarque une écriture singulière. Lorsqu'un billet du Dr Jekyll arrive au cours de leur entretien, Guest compare spontanément les deux écritures et découvre qu'elles se ressemblent étrangement sur de nombreux points, ne différant que par l'inclinaison. Utterson comprend aussitôt les implications et enferme le billet de Jekyll dans son coffre, horrifié à l'idée qu'« Henry Jekyll se fasse le faussaire d'un meurtrier ! ».
L'incident du docteur Lanyon
Après la disparition de Hyde, le Dr Jekyll semble se rétablir et reprend son ancienne vie parmi ses amis. Cependant, en l'espace de quelques semaines, Jekyll commence à refuser les visites et à s'enfermer de nouveau sur lui-même. Utterson rend visite au Dr Lanyon et est choqué de le trouver gravement dégradé — à la fois physiquement vieilli et tourmenté par une terreur profonde. Lanyon se déclare perdu et refuse de parler de Jekyll, affirmant qu'il ne se remettra jamais du choc qu'il a reçu. Au bout d'une quinzaine de jours, Lanyon meurt, léguant à Utterson une enveloppe scellée portant la mention de ne pas l'ouvrir avant la mort ou la disparition de Jekyll, ce qui ne fait qu'approfondir le mystère entourant le médecin.
L'incident à la fenêtre
Utterson et Enfield passent un dimanche dans la ruelle familière et s'arrêtent pour observer la porte de Jekyll. Ils remarquent que la fenêtre du milieu de la maison est ouverte, et Utterson appelle Jekyll, qui paraît triste et inconsolable. Quand Utterson l'invite à les rejoindre dehors, Jekyll refuse, expliquant que l'endroit n'est pas fait pour recevoir des visiteurs. Soudain, l'expression de Jekyll se transforme en une terreur abjecte, et il rabat violemment la fenêtre. Les deux hommes s'enfuient, horrifiés, n'échangeant qu'une brève et sombre reconnaissance de ce qu'ils ont vu.
La dernière nuit
Un soir, Poole arrive chez Utterson dans un état d'agitation. Il révèle qu'il a peur depuis environ une semaine parce que le Dr Jekyll s'est de nouveau enfermé dans le cabinet au-dessus du laboratoire, et il est clair que quelque chose ne va pas. Utterson l'encourage à parler franchement de ses craintes, ce qui pousse Poole à confesser enfin la terreur grandissante qui le ronge.
Partie 5
Ce segment du récit suit la confrontation tendue et urgente qui dénoue le mystère central de la disparition du Dr Jekyll, alors que Poole se rend pour convoquer M. Utterson à la demeure des Jekyll par une nuit de mars déserte et orageuse, ce qui mène à une effraction dans l'armoire verrouillée de Jekyll.
L'arrivée bouleversée de Poole et l'allusion à un acte criminel
Poole arrive chez Utterson visiblement ébranlé, évite son regard, laisse son verre de vin sans y toucher, et laisse entendre qu'il s'est passé quelque chose de louche chez le Dr Jekyll, suppliant Utterson de venir constater par lui-même. Utterson accepte sans hésiter, et est frappé par l'immense soulagement que Poole manifeste à son acceptation.
Le voyage orageux à travers Londres déserté
Les deux hommes voyagent par une nuit de mars sauvage et glaciale, sous un vent hurlant et un mince croissant de lune incliné, à travers des rues de Londres étrangement vides, comme Utterson n'en a jamais vu de si désertes, ce qui exacerbe son pressentiment aigu et inébranlable de catastrophe imminente. Ils arrivent à la place Jekyll, où le vent et les arbres cinglés par la tempête fouettent la grille du jardin, et Poole est trempé de sueur — de terreur plutôt que d'effort.
Les domestiques terrifiés blottis dans le hall
Lorsqu'ils pénètrent dans la maison Jekyll, le vestibule est brillamment éclairé par un grand feu, et tous les domestiques de la maison sont blottis les uns contre les autres comme des moutons autour de l'âtre, paralysés de terreur. La femme de chambre sanglote hystériquement et la cuisinière se précipite à la rencontre d'Utterson comme vers un sauveur, et les domestiques ne protestent nullement lorsque Poole les réprimande pour leur conduite irrégulière et craintive.
Poole démontre la voix modifiée provenant du placard
Poole conduit Utterson jusqu'au laboratoire attenant à la maison, lui demande de se tenir tranquillement à l'écart des regards, puis frappe à la porte du cabinet capitonnée de feutre rouge et annonce que M. Utterson sollicite une visite. La voix venue de l'intérieur se plaint de ne pouvoir voir personne, et Utterson constate que cette voix est radicalement différente du ton habituel du Dr Jekyll.
L'accusation de meurtre de Poole et les mystérieuses commandes de médicaments
De retour dans la cuisine, Poole soutient que la voix n'était pas celle de son maître, affirmant que le docteur Jekyll a été assassiné huit jours plus tôt après qu'un cri invoquant le nom de Dieu s'est fait entendre depuis la maison, et que la personne enfermée dans le cabinet est un imposteur. Il produit un mot manuscrit froissé et fébrile, provenant de l'imposteur, exigeant un médicament rare et précis aux pharmaciens, qu'il a cherché à se procurer toute la semaine, comme preuve supplémentaire que quelque chose ne tourne vraiment pas rond.
La rencontre de Poole avec la figure masquée parmi les caisses
Poole révèle qu'il s'est furtivement introduit plus tôt dans le théâtre du laboratoire et y a vu une silhouette masquée, d'aspect nain, qui fouillait parmi des caisses. Celle-ci a poussé un cri et s'est enfuie vers l'armoire lorsqu'on l'a aperçue, une rencontre qui lui a confirmé que la personne à l'intérieur n'est pas le Dr. Jekyll.
L'explication rationnelle d'Utterson face à la certitude de Poole
Utterson propose une explication rationnelle : le Dr Jekyll souffre d'une maladie douloureuse et défigurante qui a altéré sa voix, l'a poussé à porter un masque et l'a rendu avide d'un médicament spécifique, ce qui expliquerait tous ces étranges événements. Poole rejette cette hypothèse, en insistant sur le fait que la silhouette qu'il a vue n'était pas Jekyll, mais un nain, et qu'il connaît la voix et l'apparence de son maître après vingt ans de service, et qu'il est certain qu'un meurtre a été commis.
La décision de défoncer la porte du cabinet
Utterson accepte qu'il a le devoir d'enquêter et décide qu'il doit forcer l'armoire pour obtenir des réponses. Poole est d'accord, et ils s'arment : Utterson prend un lourd tisonnier de cuisine, et Poole va chercher une hache au théâtre, avant d'envoyer un valet de pied et un garçon de cuisine garder la porte du laboratoire pour empêcher l'imposteur de s'échapper.
Identifier Hyde et s'armer en vue de l'affrontement
Pendant les préparatifs, Utterson presse Poole de questions sur l'identité de la figure masquée, et Poole confirme qu'elle correspond à la taille de M. Hyde, à ses mouvements rapides, ainsi qu'à la présence glaçante et troublante qu'il avait ressentie lors de sa précédente rencontre avec Hyde. Utterson conclut que Hyde a assassiné Jekyll et se cache dans le cabinet, jurant de se venger de ce crime.
L'attente dans le théâtre et l'écoute des pas qui font les cent pas
Les deux hommes attendent dans l'obscurité du théâtre-laboratoire, écoutant les pas doux, balancés et légers qui font les cent pas à l'intérieur de l'armoire toute la nuit, interrompus seulement par des pauses lorsque de nouvelles livraisons de drogue arrivent. Poole révèle qu'il a une fois entendu la figure pleurer comme une femme ou une âme perdue, et Utterson confirme que les pas ne ressemblent en rien à la démarche lourde et grinçante du Dr Jekyll.
L'assaut du cabinet
Lorsque leur période d'attente de dix minutes prend fin, Utterson interpelle l'occupant, qui implore la clémence, et Utterson reconnaît la voix comme étant celle de Hyde. Il ordonne à Poole d'enfoncer la porte, et après cinq coups de hache vigoureux qui brisent le bois solide et les ferrures de qualité, la porte verrouillée s'effondre vers l'intérieur sur la moquette.
Partie 6
Ce chapitre se concentre sur la découverte du corps d'Edward Hyde, la recherche qui s'ensuit du Dr Jekyll dans l'ensemble de son bâtiment, l'examen du cabinet de Jekyll et de son contenu, ainsi que le début du récit du Dr Lanyon décrivant son implication dans les mystérieuses affaires de Jekyll.
Découverte du corps de Hyde dans le cabinet
Le groupe de recherche pénètre dans le cabinet de Jekyll et y découvre un spectacle troublant de normalité domestique — un bon feu, une bouilloire qui chantonne, et le service à thé dressé — pourtant, au milieu de la pièce, gît le corps contorsionné d'Edward Hyde. Il est vêtu d'habits bien trop larges pour lui, des vêtements de la taille d'un médecin qui pendent mollement sur sa silhouette diminuée. Bien que les tendons de son visage tressaillent encore avec une apparence de vie, Utterson reconnaît la fiole brisée dans sa main et la forte odeur d'amandes qui emplit l'air, et conclut que Hyde s'est donné la mort. Le sort de Hyde étant scellé, Utterson déclare que les recherches doivent désormais se tourner vers la découverte du corps du Dr Jekyll lui-même.
Recherche de Jekyll dans le bâtiment
Les enquêteurs explorent minutieusement les locaux de Jekyll, qui se composent principalement d'un théâtre chirurgical occupant le rez-de-chaussée, d'un cabinet formant un étage supérieur, d'un couloir de communication, d'un second escalier, de plusieurs placards sombres et d'une vaste cave. Chaque placard se révèle vide, leurs portes couvertes de poussière indiquant un long abandon. La cave est remplie de vieux bois de construction provenant du prédécesseur de Jekyll, scellée depuis des années par des toiles d'araignée. Malgré leurs efforts, aucune trace d'Henry Jekyll—vivant ou mort—n'est trouvée nulle part dans le bâtiment.
Examen du contenu du cabinet et découvertes curieuses
En retournant au cabinet, les hommes en examinent le contenu plus attentivement. Sur une table, ils découvrent des traces de travaux chimiques : des tas soigneusement mesurés de sel blanc disposés sur des soucoupes de verre, ce qui suggère des expériences interrompues. Poole reconnaît la substance : il s'agit de la même drogue qu'il se procurait fréquemment pour Jekyll. Près du feu, le fauteuil est disposé comme pour accueillir quelqu'un, avec du thé préparé et le sucre déjà mis dans la tasse, formant une scène étrangement domestique. Plusieurs livres reposent sur une étagère, dont un ouvert à côté du service à thé — un ouvrage pieux que Jekyll avait souvent vanté, désormais annoté de sa propre main avec des blasphèmes saisissants. Ils examinent aussi une psyché, miroir qu'Utterson fait observer comme ayant « vu de bien étranges choses ». Le miroir est incliné de manière à ne laisser voir que la lueur rosée du plafond et les reflets du feu, mais Utterson et Poole semblent tous deux troublés par ce meuble pourtant ordinaire.
Testament révisé de Jekyll et lettre finale adressée à Utterson
Sur la table de travail de Jekyll, Utterson découvre une grande enveloppe portant son propre nom, écrit de la main du docteur. À l'intérieur se trouve un testament identique dans sa forme à celui qu'il avait rendu six mois plus tôt — un document conçu pour servir de testament en cas de décès et d'acte de donation en cas de disparition —, mais avec une différence cruciale : au lieu de désigner Edward Hyde comme bénéficiaire, Utterson y lit son propre nom, Gabriel John Utterson. Étonné que Hyde n'ait pas détruit ce document bien qu'il eût été écarté de son héritage, Utterson passe au document suivant : une brève note de la main de Jekyll, datée de ce jour même, confirmant que Jekyll était vivant quelques heures auparavant. La note, adressée « Mon cher Utterson », explique que, lorsque le document lui parviendra, Jekyll aura disparu dans des circonstances qu'il ne peut prévoir. Jekyll demande à Utterson de lire le récit préparé par le Dr Lanyon, puis sa propre confession. Une troisième pièce jointe — un paquet scellé — glisse dans la poche d'Utterson. Celui-ci décide d'étudier ces documents chez lui, mais promet de revenir avant miniet pour impliquer la police.
Début du récit du docteur Lanyon : réception de la lettre désespérée de Jekyll
Le chapitre bascule sur le récit à la première personne du Dr Lanyon, qui commence quatre jours plus tôt, le neuf janvier, lorsque Lanyon reçut une enveloppe recommandée envoyée par son confrère Henry Jekyll. La lettre, datée du dix décembre, fait appel à leur longue amitié tout en formulant une demande extraordinaire. Jekyll écrit que sa vie, son honneur et sa raison sont tous en jeu, et il supplie Lanyon de remettre à plus tard tous ses autres engagements, de se rendre immédiatement chez lui en fiacre, et de forcer l'entrée de son cabinet avec l'aide de Poole et d'un serrurier. Jekyll précise que Lanyon doit ouvrir l'armoire vitrée marquée « E », retirer le quatrième tiroir en partant du haut (ou le troisième en partant du bas), et le rapporter à Cavendish Square. Le tiroir doit contenir des poudres, un flacon et un cahier. Ensuite, à minuit, Lanyon doit laisser entrer un messager qui se présentera au nom de Jekyll et lui remettra le tiroir. Jekyll avertit que négliger l'une ou l'autre de ces tâches pourrait entraîner sa mort ou le « naufrage de sa raison ».
Lanyon récupère le tiroir du cabinet de Jekyll
Bien qu'il soupçonne Jekyll de folie, Lanyon se sent tenu de répondre à la demande. Il se rend en voiture chez Jekyll, où Poole l'attend avec un serrurier et un charpentier. Les artisans s'approchent de la porte de l'ancien théâtre opératoire du docteur Denman — le point d'entrée le plus pratique vers le cabinet de Jekyll. La porte s'avère extrêmement solide et munie d'une excellente serrure ; le charpentier prévoit de grandes difficultés et d'importants dégâts si l'on devait la forcer. Après deux heures de travail, le serrurier finit par ouvrir la porte. Lanyon identifie la presse « E » et extrait le tiroir indiqué, qu'il a rempli de paille et enveloppé dans un drap avant de regagner Cavendish Square avec le mystérieux contenu.
Examen du contenu du tiroir
Dans l'intimité de son propre domicile, Lanyon examine le contenu du tiroir avec un regard scientifique. Les poudres semblent avoir été fabriquées de manière privée par Jekyll, composées de ce qui paraît être un simple sel cristallin blanc, sans la précision d'un pharmacien d'officine. Le flacon, à moitié rempli d'un liquide rouge sang, se révèle extrêmement piquant et semble contenir du phosphore ainsi qu'un certain éther volatil. Le cahier est un registre ordinaire consignant des dates s'étendant sur de nombreuses années, mais les inscriptions ont cessé brusquement il y a près d'un an. De temps à autre, de brèves remarques apparaissent — généralement des mots isolés comme « double » répétés à plusieurs reprises, et une fois, au début du registre, la mention « échec total !!! ». Bien que le contenu l'intrigue, Lanyon demeure peu convaincu de sa signification, le balayant comme les expériences ratées d'un collègue peut-être instable. Persuadé que Jekyll souffre d'une affection cérébrale, Lanyon renvoie ses domestiques se coucher, mais charge un revolver pour sa propre défense.
Arrivée du messager mystérieux de Jekyll
À minuit précis, un coup discret retentit à la porte de Lanyon. Quand Lanyon ouvre, il trouve un petit homme accroupi contre les piliers du porche. Le visiteur confirme d'un geste contraint qu'il vient de la part du docteur Jekyll, puis entre en jetant par-dessus son épaule un regard scrutateur vers l'obscurité — troublé par un agent de police tout proche dont la lanterne était allumée. En suivant l'homme dans le cabinet de consultation, Lanyon garde la main prête sur son arme. Il n'a jamais vu ce visiteur auparavant, et pourtant il est frappé par la petite taille de l'homme, son expression choquante et l'étrange combinaison d'une activité musculaire intense avec une apparente faiblesse de constitution. Le plus troublant est un curieux malaise subjectif causé par la proximité du visiteur — une sensation ressemblant à une rigidité naissante, accompagnée d'un fléchissement marqué du pouls. Lanyon attribue cela d'abord à un dégoût personnel, mais reconnaît plus tard sa signification plus profonde.
Le témoignage de Lanyon sur la transformation et la déclaration complète de Jekyll
Lanyon assiste à la transformation de Hyde en Jekyll, après quoi suit la confession complète de Jekyll. Le chapitre révèle le terrible secret qui unit Jekyll et Hyde, tout en documentant la destruction psychologique de Lanyon et l'exploration philosophique par Jekyll de la double nature humaine.
L'apparence dégoûtante du visiteur et sa demande urgente
**L'apparence dégoûtante du visiteur et sa demande urgente** Lanyon décrit que son visiteur le frappa d'une « curiosité dégoûtante » dès le premier instant de son entrée. L'homme est vêtu de vêtements beaucoup trop grands pour lui — un pantalon pendant et roulé aux chevilles, la taille du manteau descendant sous ses hanches, le col s'étalant sur ses épaules — pourtant cette apparence ridicule n'émeut pas Lanyon jusqu'au rire, mais jusqu'à la reconnaissance de quelque chose « d'anormal et de mal né ». Son impatience est extrême : il s'écrie « L'avez-vous ? L'avez-vous ? » et va même jusqu'à poser les mains sur le bras de Lanyon pour le secouer, ce qui fait ressentir à ce dernier « un certain frisson glacé le long de mon sang ».
Lanyon cède le tiroir au visiteur agité
Lanyon abandonne le tiroir au visiteur agité. Le visiteur (Hyde) explique qu'il vient de la part du docteur Jekyll pour une affaire de quelque importance. Il s'interrompt, portant la main à sa gorge et luttant contre une hystérie qui le gagne, puis mentionne « un tiroir ». Prenant en pitié la suspense de Hyde autant que sa propre curiosité grandissante, Lanyon désigne le tiroir gisant à terre derrière une table, encore recouvert d'un drap. Hyde bondit vers lui, puis s'arrête, la main sur le cœur ; Lanyon entend ses dents grincer sous l'effet de convulsions de la mâchoire, et son visage est à ce point livide que Lanyon s'alarme, tant pour sa vie que pour sa raison. Hyde arbore un « effroyable sourire », arrache le drap, et à la vue du contenu laisse échapper « un seul et puissant sanglot d'un immense soulagement ».
Le mélange de la teinture et le choix proposé
Le Mélange de la Teinture et le Choix Offert Hyde réclame un verre gradué, que Lanyon lui fournit. Hyde mesure « quelques gouttes de la teinture rouge » et y ajoute l'une des poudres. Le mélange se transforme par étapes : d'abord rougeâtre, puis s'éclaircissant et entrant en effervescence avec un bouillonnement perceptible et de petits filets de vapeur, s'arrêtant soudainement pour se changer en violet foncé, qui pâlit lentement vers un vert aqueux. Hyde observe d'un œil perçant, sourit et repose le verre. Il offre à Lanyon un choix : faire preuve de sagesse et partir, ou laisser l'expérience se poursuivre avec des promesses de savoir nouveau et de gloire, l'avertissant que sa vue « sera foudroyée par un prodige capable de faire chanceler l'incrédulité de Satan ». Lanyon, étant allé trop loin dans des services inexplicables, déclare qu'il doit aller jusqu'au bout.
Hyde boit et se transforme en Jekyll devant Lanyon
Hyde boit et se transforme en Jekyll devant Lanyon. Hyde déclare : « Lanyon, vous vous souvenez de vos serments », et le défie d'avoir renié la médecine transcendantale et bafoué ses supérieurs. Il porte le verre à ses lèvres et le vide d'un trait. Un cri s'ensuit ; il chancelle, titube, se cramponne à la table, les yeux injectés de sang et la bouche haletante. Son visage brusquement noircit, les traits semblent fondre et se déformer, et il paraît enfler. Lanyon bondit sur ses pieds et recule contre le mur, les bras levés, terrifié. Devant ses yeux se tient Henry Jekyll — « pâle et ébranlé, à demi pâmé, et tâtonnant devant lui de ses mains, comme un homme rappelé de la mort ».
Les nerfs brisés de Lanyon et la révélation de l'identité de Hyde
Les nerfs brisés de Lanyon et la révélation de l'identité de Hyde Lanyon déclare qu'il ne peut coucher sur le papier ce que Jekyll lui a dit cette heure-là ; son âme s'est soulevée de dégoût devant ce qu'il a vu et entendu. Sa vie est « ébranlée jusqu'en ses racines », le sommeil l'a fui, et la « plus mortelle des terreurs » siège à ses côtés sans relâche. Il sent que ses jours sont comptés et pourtant « mourra incrédule ». La turpitude morale que Jekyll a dévoilée, confessée même avec des larmes de repentir, ne peut être remémorée sans horreur. Il révèle à Utterson que la créature venue le trouver était, de l'aveu même de Jekyll, Hyde — l'assassin de Carew, traqué par tout le pays.
La déclaration complète de Henry Jekyll sur l'affaire
L'exposé complet de l'affaire par Henry Jekyll. Jekyll commence sa confession, expliquant comment il en est venu à être à la fois Jekyll et Hyde par le biais d'expérimentations scientifiques visant à séparer la double nature de l'homme.
Les dons de Jekyll et les origines de sa duplicité
Les Dons de Jekyll et les Origines de sa Duplicité Né dans une grande fortune, doté d'excellentes qualités, enclin au travail et attaché au respect des hommes sages et bons, Jekyll semblait destiné à un avenir honorable. Son pire défaut était « une certaine gaieté impatiente de caractère » qu'il dissimulait aux yeux du public, créant ainsi une « profonde duplicité de vie ». Plutôt que quelque dégradation particulière, c'était « la nature exigeante de mes aspirations » qui déchira sa nature plus profondément que chez la plupart des hommes, divisant en lui le bien et le mal.
La découverte de la double nature de l'homme
La Découverte de la double nature de l'homme Jekyll explique qu'il n'était « pas plus lui-même lorsqu'il abandonnait toute retenue et se plongeait dans la honte, que lorsqu'il œuvrait à l'avancement du savoir ». Ses études scientifiques, entièrement orientées vers le mystique et le transcendantal, éclairèrent la « conscience de la guerre perpétuelle qui sévissait entre mes membres ». Il s'approcha davantage de cette vérité : « l'homme n'est pas vraiment un, mais vraiment deux » — peut-être même une « république d'habitants multiples, discordants et indépendants ». Il apprit à se complaire dans l'idée de séparer ces éléments : que l'injuste pût aller libre, tandis que le juste marchât droit, sans être exposé aux influences du mal extérieur.
Études scientifiques visant à séparer le bien et le mal
Études scientifiques vers la séparation du bien et du mal Jekyll commença à percevoir « l'immatérialité tremblante, la fugacité brumeuse, de ce corps en apparence si solide dans lequel nous marchons vêtus ». Certains agents pouvaient « secouer et arracher ce vêtement charnel, tout comme un vent pourrait agiter les rideaux d'un pavillon ». Il refuse d'approfondir la branche scientifique de ses découvertes, notant que les tentatives pour se défaire des fardeaux de la vie reviennent avec une pression plus terrible encore, et que ses découvertes demeuraient incomplètes.
La composition du médicament et la première expérience
La composition du produit et la première expérience Jekyll reconnut son corps naturel d'après « la simple aura et l'éclat de certains des pouvoirs qui composaient mon esprit » et parvint à composer un produit grâce auquel ces pouvoirs seraient détrônés et une seconde forme, substituée. Il hésita longtemps, sachant qu'il risquait la mort — car tout remède contrôlant l'identité pouvait « anéantir entièrement ce tabernacle immatériel ». La tentation d'une découverte singulière eut raison de son alarme. Il prépara sa teinture, acheta en grande quantité un sel particulier chez des grossistes en produits chimiques, qui en était l'ingrédient nécessaire, et, tard, par une nuit maudite, il composa les éléments et avala la potion.
Les sensations et le réveil en tant qu'Edward Hyde
« Les Sensations et l'Éveil en Edward Hyde « Les douleurs les plus déchirantes lui succédèrent : un broiement dans les os, une nausée mortelle, et une horreur de l'esprit. » Ces agonies s'apaisèrent rapidement, et Jekyll revint à lui comme s'il sortait « d'une grande maladie ». Il se sentit plus jeune, plus léger, plus heureux de corps, mais conscient d'« une imprudence grisante », d'« images sensuelles désordonnées », et d'« une liberté de l'âme inconnue mais non innocente ». Il se savait « plus méchant, dix fois plus méchant, vendu comme un esclave à mon mal originel » — et cette pensée le fortifiait et le ravissait comme le vin. Il tendit les mains et prit soudain conscience qu'il avait « perdu de sa taille ». ».
L'apparence et la nature d'Edward Hyde
L'Apparence et la Nature d'Edward Hyde Jekyll émet l'hypothèse que son côté maléfique, étant moins robuste et moins développé que le bon, et ayant été « bien moins exercé et bien moins épuisé », a eu pour conséquence qu'Edward Hyde était plus petit, plus frêle et plus jeune que Jekyll. Le mal a laissé « une empreinte de difformité et de décrépitude » sur le corps de Hyde, et pourtant Jekyll n'éprouva aucune répugnance face à ce reflet — « Cela aussi, c'était moi. » Hyde était « le mal pur », unique parmi les hommes, et tous les êtres humains qui le rencontraient ressentaient « une appréhension visible de la chair » parce qu'ils sont un mélange de bien et de mal, tandis que Hyde était purement maléfique.
Le retour réussi à la forme d'Henry Jekyll
Le retour réussi à la forme d'Henry Jekyll Jekyll ne s'attarda qu'un instant devant le miroir avant de tenter l'expérience décisive — retrouver sa forme originelle. Se hâtant de regagner son cabinet, il prépara et but la coupe une nouvelle fois, souffrit une fois de plus les affres de la dissolution, et revint à lui-même « avec le caractère, la stature et le visage d'Henry Jekyll ».
Confession complète de Jekyll
Ce chapitre présente le récit complet du Dr Jekyll sur la manière dont il a créé Edward Hyde, les circonstances qui ont conduit au meurtre de Sir Danvers Carew, et son emprisonnement subséquent au sein de sa propre conscience. Jekyll décrit sa découverte comme une croisée des chemins fatale où un esprit noble aurait pu produire un ange, mais sa vertu endormie et son mal en éveil ont produit Hyde — un être entièrement tourné vers le pire.
L'origine d'Edward Hyde
Jekyll révèle que sa drogue ne possédait aucune action morale sélective ; elle n'a fait que déverrouiller la prison de sa nature, libérant tout ce qui s'y trouvait. Au moment décisif, sa vertu sommeillait tandis que son mal, maintenu en éveil par l'ambition, fut prompt à saisir l'occasion. La drogue n'était ni diabolique ni divine — elle a simplement libéré ce qui existait déjà en lui. À partir de cet instant, Jekyll posséda deux caractères et deux apparences, l'un entièrement mauvais, et l'autre ce même Henry Jekyll discordant dont il avait déjà appris à désespérer de toute réforme.
Mise en place de la double vie
Malgré ses ambitions scientifiques, Jekyll demeurait incapable de surmonter son aversion pour la sécheresse de la vie érudite, aspirant parfois à la gaieté et à des plaisirs peu dignes. Sa nouvelle puissance l'entraîna dans cette voie et fit de lui un esclave. Il se prépara avec un soin méticuleux : il obtint et meubla une maison dans Soho où Hyde pourrait être surveillé par la police, engagea une gouvernante silencieuse et sans scrupules, annonça à ses domestiques qu'Hyde aurait toute liberté dans sa demeure, et rédigea un testament garantissant qu'il n'y aurait aucune perte pécuniaire si quelque malheur devait advenir à Jekyll. Il alla même jusqu'à rendre visite à son second personnage en personne pour parer à tout éventuel incident.
La dépravation grandissante d'Hyde
Les plaisirs que Jekyll recherchait dans son déguisement avaient commencé de façon peu honorable, mais ils devinrent bientôt monstrueux entre les mains de Hyde. Jekyll découvrit que ce familier, évoqué du plus profond de son âme, était intrinsèquement malfaisant et criminel — chacun de ses actes et chacune de ses pensées tournés vers lui-même, buvant le plaisir avec une avidité bestiale à quelque degré de torture que ce fût. Jekyll restait pétrifié d'horreur devant les actes de Hyde, mais la situation semblait échapper aux lois ordinaires et relâchait insidieusement l'étau de la conscience. Jekyll se persuadait que seul Hyde était coupable, que sa propre conscience sommeillait, et il se réveillait avec des qualités intactes, s'empressant même, lorsque c'était possible, de défaire le mal commis par Hyde.
L'incident de l'enfant
Jekyll mentionne un acte de cruauté envers un enfant qui suscita la colère d'un passant — reconnaissant plus tard cette personne comme un parent du lecteur. Rejoints par un médecin et par la famille de l'enfant, il y eut des moments où Jekyll craignit pour sa vie. Pour apaiser leur juste ressentiment, Hyde dut se présenter en personne et payer avec un chèque établi au nom de Jekyll. Ce danger fut éliminé en ouvrant un autre compte bancaire au nom de Hyde, Jekyll fournissant une signature penchée vers l'arrière que Hyde pouvait utiliser indépendamment.
La transformation involontaire
Deux mois avant le meurtre, Jekyll vécut une inversion terrifiante de ce qu'il avait connu jusque-là. Après être rentré tard d'une escapade, il se réveilla dans sa chambre de la place, mais eut la sensation de ne pas se trouver là où il semblait être — qu'il était dans la petite pièce de Soho, dans le corps de Hyde. Quand ses yeux se posèrent sur sa main, il vit celle de Hyde : maigre, nerveuse, noueuse, d'une pâleur sombre, ombrée de poils noirs — alors qu'il s'était couché Henry Jekyll. Il se précipita vers le miroir, ce qui confirma son horreur. Avec les drogues rangées dans une armoire éloignée, les domestiques déjà éveillés et aucun moyen de dissimuler sa stature modifiée, Jekyll ne s'échappa que parce que les domestiques étaient accoutumés aux allées et venues de Hyde. Dix minutes plus tard, de retour sous sa propre apparence, il s'assit au petit-déjeuner, le front assombri.
Le Déséquilibre Croissant
Cet incident inexplicable scella le destin de Jekyll comme le doigt babylonien sur le mur. Sa nature projetée avait été fort sollicitée, et le corps de Hyde semblait avoir grandi en stature avec un flot de sang plus généreux. Jekyll commença à entrevoir le danger que l'équilibre de sa nature pût être définitivement renversé, que le changement volontaire fût perdu, et que le caractère de Hyde devînt irrévocablement le sien. Les effets de la drogue étaient devenus incertains — les échecs du début l'obligeaient à doubler les doses, une fois même à les tripler au risque d'y laisser la vie. Alors qu'au commencement la difficulté était de se débarrasser du corps de Jekyll, elle s'était récemment transportée de l'autre côté. Jekyll perdait lentement prise sur son moi originel.
Le Choix entre les Deux Natures
Jekyll reconnut qu'il devait choisir entre ses deux natures. Jekyll (composite) partageait les plaisirs d'Hyde avec une appréhension sensible ou un élan gourmand, mais Hyde était indifférent à Jekyll — ne se souvenant de lui que comme un bandit de montagne se souvient d'une caverne. Choisir Jekyll signifiait mourir à des appétits longtemps gardés secrets ; choisir Hyde signifiait mourir à mille intérêts et devenir à jamais méprisé et sans amis. Tandis que Jekyll souffrirait cruellement dans l'abstinence, Hyde serait inconscient de ce qu'il avait perdu. Les tentations étaient aussi anciennes que l'humanité, et Jekyll choisit la meilleure part — pourtant se révéla manquer de la force pour s'y tenir.
La Réforme Manquée et la Rechute
Jekyll choisit le vieux médecin avec de sincères espoirs, faisant ses adieux à la liberté d'Hyde, à sa jeunesse relative, à sa démarche légère et à ses plaisirs secrets. Pourtant, il conservait des réserves inconscientes — la maison de Soho et les vêtements d'Hyde demeuraient. Pendant deux mois, il maintint une vertu austère, jouissant d'une conscience approbatrice. Mais le temps éroda la fraîcheur de l'alarme ; les éloges de la conscience devinrent routiniers ; les élans et les aspirations d'Hyde le torturaient. Dans un moment de faiblesse morale, Jekyll avala de nouveau la potion transformatrice. Son démon, longtemps en cage, émergea en rugissant. Même en prenant la potion, Jekyll ressentait une propension au mal plus effrénée et furieuse — cette qualité même qui faisait qu'être tenté, c'était déjà succomber.
Le Meurtre de Sir Danvers
Le moment de la rechute suscita dans l'âme de Jekyll une tempête d'impatience face à sa victime. Aucun homme moralement sain d'esprit n'aurait pu commettre ce crime sur une provocation aussi dérisoire, pourtant Hyde frappa avec l'état d'esprit d'un enfant malade brisant un jouet. L'esprit infernal s'éveilla, se délectant à maltraiter le corps sans résistance jusqu'à ce que la terreur finisse par s'abattre. Jekyll s'enfuit des lieux, triomphant et tremblant, puis courut à Soho pour détruire ses papiers. Avant que les affres de la transformation aient fini de le mettre en pièces, Jekyll s'était déjà jeté à genoux, les joues inondées de larmes de gratitude et de remords. Le voile de la complaisance envers soi-même fut déchiré ; il contempla sa vie dans son ensemble et aurait pu hurler à voix haute.
Remords et Confinement de Jekyll
À mesure que l'acuité du remords s'estompait, la joie lui succéda. Le problème de la conduite était résolu — Hyde était impossible, Jekyll confiné à sa meilleure existence, indépendamment de sa volonté. Il se réjouit d'embrasser les restrictions de la vie naturelle et verrouilla la porte, broyant la clé sous son talon. Le lendemain apporta la nouvelle que le meurtre n'avait pas été ignoré, la culpabilité d'Hyde étant patente au monde. Jekyll était heureux d'avoir ses meilleurs élans gardés par les terreurs de l'échafaud. Jekyll était désormais sa ville de refuge — qu'Hyde se montre un seul instant, et toutes les mains se lèveraient pour le saisir et le mettre à mort.
Déclaration complète d'Henry Jekyll sur l'affaire, Partie 9
Chapitre 9 : Récit complet de l'affaire par Henry Jekyll, Partie 9** Jekyll narre la phase finale de sa déchéance, décrivant sa rechute dans le mal, l'échec catastrophique de sa potion, ainsi que la conclusion tragique qui le détache à jamais de son identité de Jekyll.
Rechute de Jekyll dans le péché
**La rechute de Jekyll dans le péché** Après sa transformation initiale et la réforme qui s'ensuivit, Jekyll se consacre à une vie de conduite vertueuse, travaillant avec ardeur pour soulager la souffrance et trouvant un contentement authentique à faire le bien. Cependant, cette période de rectitude morale se révèle n'être que temporaire. À mesure que l'ardeur initiale de sa pénitence s'atténue, les aspects les plus sombres de sa nature reprennent le dessus, l'attirant de nouveau vers la transgression. Sa rechute ne survient pas par une intention délibérée de ressusciter Hyde, mais plutôt par un affaiblissement progressif de sa résistance morale, l'amenant à « badiner avec [sa] conscience » comme le ferait un pécheur ordinaire, jusqu'à ce qu'il cède entièrement à la tentation.
Transformation soudaine
**La soudaine transformation** Par une claire journée de janvier dans Regent's Park, Jekyll est assis, se délectant au soleil, sa conscience temporairement endormie, lorsqu'une nausée soudaine et accablante s'empare de lui. En quelques instants, la transformation se produit — les vêtements deviennent lâches sur sa silhouette ratatinée, et il reconnaît la main familière, noueuse et velue, d'Edward Hyde. Le changement est rapide et total ; le respectable et bien-aimé Jekyll s'évanouit, remplacé par Hyde, désormais traqué et sans abri, un meurtrier reconnu faisant face à la potence. La transformation représente un renversement de fortune complet et catastrophique, brisant toute sécurité que Jekyll avait cru posséder.
Résolution d'Hyde de rejoindre Lanyon
**La résolution d'Hyde de joindre Lanyon** Dépouillé de ses ressources habituelles et prisonnier de sa forme monstrueuse, Hyde se trouve face à un problème urgent : ses drogues restent enfermées dans le laboratoire de Jekyll, inaccessibles par la porte d'entrée sans risquer d'être capturé. Reconnaissant qu'il lui est impossible de pénétrer dans sa propre demeure, Hyde décide de recourir au docteur Lanyon, se souvenant que son écriture demeure identique chez ses deux personnalités. Cette prise de conscience éclaire la voie à suivre : il écrira des lettres à Lanyon ainsi qu'à son domestique Poole, leur enjoignant d'aller chercher les substances nécessaires dans l'armoire de Jekyll, ce qui lui permettra de retrouver sa forme humaine.
L'hôtel de Portland Street et le voyage nocturne
**L'Hôtel de Portland Street et le Voyage Nocturne** Vêtu de vêtements mal ajustés qui donnent à son apparence un caractère à la fois comique et tragique, Hyde réquisitionne un fiacre pour se rendre à un hôtel de Portland Street. Son attitude est si terrifiante que les domestiques obéissent à chacun de ses ordres sans échanger de regards, lui fournissant le nécessaire pour écrire dans une chambre particulière. Là, il rédige ses lettres décisives à Lanyon et Poole, les envoyant par courrier recommandé pour en garantir la livraison. Tout au long de la journée, il demeure assis près du feu, dévoré par ses propres craintes, et à la tombée de la nuit, il erre dans les rues à bord d'un fiacre fermé, poussé par la terreur et la haine. La rencontre avec une femme qui propose des boîtes d'allumettes — au cours de laquelle il la frappe — illustre la violence explosive qui le consume désormais. Enfin, abandonnant le fiacre lorsque le cocher commence à se méfier, Hyde poursuit sa route à pied, rôdant à travers des rues désertes, comptant les minutes jusqu'à minuit.
Réveil chez Lanyon
**Le Réveil chez Lanyon** Jekyll reprend connaissance à la résidence de Lanyon, ébranlé par l'horreur de son ami face à la transformation, mais reconnaissant qu'elle n'est qu'une fraction de la haine de soi qui le consume désormais. Sa terreur s'est déplacée de la potence vers la réalité horrifiante d'être Hyde. Il reçoit la condamnation de Lanyon dans un état onirique et rentre chez lui de la même manière, s'effondrant dans son lit. Malgré les cauchemars, il dort profondément et se réveille le lendemain matin affaibli mais reposé, détestant et craignant toujours la brute qui est en lui, tout en étant reconnaissant de se trouver chez lui avec accès à ses drogues.
Transformations incontrôlées et haine mutuelle
**Transformations incontrôlables et haine mutuelle** Désormais, Jekyll a besoin de quantités toujours plus importantes de la potion pour conserver sa forme humaine, les transformations survenant à toute heure, notamment durant le sommeil. Le frisson prémonitoire précède chaque métamorphose, et Jekyll s'épuise physiquement et mentalement, tout entier dévoré par l'horreur de son autre moi. Entre-temps, les pouvoirs de Hyde grandissent tandis que Jekyll s'affaiblit. La haine mutuelle qui les anime s'intensifie : Jekyll, ayant contemplé la pleine difformité de Hyde, le voit comme quelque chose d'« infernal » et d'« inorganique » — une chose sans vie qui usurpe les fonctions de la vie. Hyde, réduit à la subordination, nourrit du ressentiment envers le déclin de Jekyll et joue de mauvais tours : il griffonne des blasphèmes de la main de Jekyll, brûle des lettres et détruit le portrait de son père. Le remarquable amour de la vie de Hyde et sa peur de l'exécution l'obligent à rester soumis, mais sa rancune demeure une menace permanente.
La potion inefficace
La Potion Inefficace** L'approvisionnement de Jekyll en composé salin, non renouvelé depuis sa première expérience, commence à s'amenuiser. Lorsqu'il prépare une nouvelle dose, la transformation attendue se produit, mais se révèle inefficace — la potion a perdu sa puissance d'autrefois. Malgré les recherches minutieuses menées à Londres, aucun approvisionnement convenable ne peut être trouvé. Jekyll en conclut que son sel d'origine contenait une impureté inconnue qui s'était avérée essentielle à l'efficacité du mélange. Cette dernière ressource épuisée, il se retrouve face à la menace imminente de demeurer à jamais prisonnier de la forme de Hyde.
Les derniers mots d'Henry Jekyll
Les dernières paroles de Henry Jekyll** Rédigeant sous l'influence de la dernière poudre qui lui reste, Jekyll sait qu'il s'agit de sa dernière occasion de penser ses propres pensées ou de voir son propre visage. Il doit achever son récit rapidement, car si Hyde l'interrompt en pleine rédaction, le manuscrit sera détruit. Jekyll songe que l'égoïsme d'Hyde et son attention exclusive au moment présent pourraient permettre au document d'être préservé une fois qu'un temps suffisant se sera écoulé. À mesure qu'approche le moment de la transformation finale, il est assis, soit tremblant et en larmes, soit faisant les cent pas dans une attente terrifiée. Qu'Hyde affronte l'échafaud ou trouve le courage de se délivrer lui-même reste inconnu, mais Jekyll affiche une complète indifférence, car sa véritable mort, à lui, survient maintenant. Sur ce, il scelle sa confession et met un terme à la vie de Henry Jekyll.