Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.
En approchant du quai dans l’aube grise, Ishmael et Queequeg sont interceptés par le mystérieux prophète Élie. Il bloque leur chemin avec une intensité troublante, leur demandant s’ils ont vu des hommes se dirigeant vers le navire. Ishmael avoue avoir remarqué de vagues silhouettes dans la brume, ce qu’Élie confirme avec une signification sinistre. Avant de partir, Élie laisse entendre des ennuis juridiques avec le Grand Jury et mentionne un avertissement qu’il a décidé de ne pas donner, laissant Ishmael dans un état d’émerveillement.
En montant à bord du paisible Pequod, ils trouvent le gaillard d’avant occupé par un gabier profondément endormi. Queequeg, traitant l’homme comme un meuble, s’assoit sur lui et explique sa coutume d’utiliser les gens comme des ottomans. Le gabier est finalement réveillé par la fumée de tabac. Il confirme que le navire part aujourd’hui et révèle que le capitaine Ahab est monté à bord la nuit précédente. Alors que l’équipage s’éveille pour le départ matinal, Ishmael réalise que le capitaine est déjà à bord, bien qu’il reste caché dans sa cabine.
Après l’arrivée de la tante Charity avec ses derniers cadeaux — un bonnet de nuit pour Stubb et une bible de rechange pour le steward — les copropriétaires Peleg et Bildad prennent le commandement sur le pont. Ils ordonnent à l’équipage de démonter la tente et de prendre position au cabestan, tandis que le capitaine Ahab reste caché dans sa cabine, sa présence étant jugée inutile pour mettre le navire en mouvement. Bildad se positionne à l’avant comme pilote, chantant des psaumes pour encourager les hommes au guindeau, bien que l’équipage réponde par un chœur grivois sur les filles de Booble Alley. La dissonance s’intensifie tandis que Peleg rage à l’arrière, jurant avec une telle fureur qu’Ishmael se demande si le vieil homme n’a pas bu.
Ishmael hésite à son jas, troublé par la pensée de commencer un voyage avec un tel démon pour pilote. Une douleur vive à l’arrière l’interrompt dans sa rêverie — Peleg lui a enfoncé sa jambe. En route, sheep-head, rugit le capitaine, et Ishmael bondit. L’ancre monte, les voiles se gonflent, et le Pequod glisse dans l’Atlantique glacial par un bref et froid Noël. Le gréement se couvre de givre, les bastingages luisant comme des dents à la lueur de la lune, de longs glaçons pendus à l’étrave. Pourtant, tandis que Bildad chante des champs doux au-delà du déluge gonflé, Ishmael ressent un espoir soudain — des visions de havres agréables et de printemps éternels au milieu du brouillard glacial.
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