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Narrative Pressure

Moby Dick; Or, The Whale

Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique.

Melville, Herman 2001 204 min

Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.

Les erreurs commencent dans l’Antiquité. Dans la caverne-pagode d’Éléphanta, le Matse Avatar hindou — Vishnu incarné en léviathan — montre une queue effilée comme celle d’un anaconda plutôt que les larges palmes des vraies nageoires. Les painters chrétiens ne font pas mieux. Le Persée sauvant Andromède de Guido présente un monstre marin tiré de la pure imagination, et la tentative de Hogarth dans la même scène produit une montagne flottante avec un howdah sur le dos et une bouche armée de défenses comme une porte de forteresse. Les vieilles Bibles depictent la baleine de Jonas ; les reliures de livres timbrent des dauphins ornementaux s’enroulant autour d’ancres — des inventions pittoresques sans aucune prétention à la vérité.

Les autorités scientifiques se révèlent tout aussi aveugles. Les récits de voyages hollandais représentent des baleines avec des nageoires perpendiculaires ou des ours courant sur leur dos vivant. Le dessin à l’échelle soigneusement réalisé par le capitaine Colnett donne à la baleine cachalot un œil large de cinq pieds — une baie vitrée plutôt qu’un organe. La populaire Histoire naturelle de Goldsmith présente quelque chose ressemblant à une truie amputée. Même Bernard Germain, comte de Lacépède, publie des planches que des baleiniers expérimentés déclarent n’avoir aucun équivalent dans la nature. Le cachalot de Frederick Cuvier ne ressemble à rien tant qu’à une courge, peut-être copié du fantasme d’un décorateur de tasses à thé chinoises.

Le problème fondamental est physique. Aucun léviathan vivant n’a jamais été hissé entier hors de la mer pour poser en vue de son portrait. En mer, sa masse nage submergée ; échoué sur le rivage, il s’effondre comme un navire naufragé, brisé et informe. Les artistes travaillent à partir de spécimens échoués — des cadavres déjà déformés.

Peut-être le squelette offre-t-il la vérité ? Nullement. Les os articulés ne suggèrent rien de la chair qui arrondit et rembourre l’animal vivant. Un squelette humain révèle la stature d’une personne ; les os d’une baleine ne donnent aucun indice de ses majestueuses contours. La créature demeure essentiellement impossible à peindre. La seule façon de connaître sa vraie forme est de partir à la chasse à la baleine — et de risquer d’être défoncé et coulé par le sujet lui-même.

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