Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.
Queequeg livre une étrange nouvelle alors qu’ils sont allongés dans leur lit à planifier le travail du lendemain. Son petit dieu noir, Yojo, l’a consulté à travers des rêves et des signes, et l’ordre du dieu est clair : Ishmael doit choisir leur navire seul, sans les conseils de Queequeg. Le harponneur restera derrière pour observer un jour de jeûne, d’humiliation et de prière. Ishmael proteste contre cet arrangement. Il comptait sur la sagesse maritime de son ami pour identifier le baleinier le plus solide de la flottille. Mais Queequeg défère au jugement de Yojo avec une certitude si calme qu’Ishmael se rend. À l’aube, laissant son compagnon assis en tailleur avec sa pipe de tomahawk, à jeun devant son feu sacrificiel de copeaux, Ishmael part parmi les navires ancrés.
Trois vaisseaux se préparent pour des voyages de trois ans : le Devil-dam, le Tit-bit et le Pequod. Ishmael examine les deux premiers sans conviction. Puis il monte à bord du Pequod et sait aussitôt que sa quête est terminée. C’est un navire de vieille facture, petit et Weathered, sa coque obscurcie par les typhons et les calmes de quatre océans. Ses mâts se dressent rigides comme des rois antiques, ses ponts usés lisses par des décennies de bottes et de cordages. Mais ce qui l’arrête, c’est sa grandeur barbare. Le vaisseau expose ses conquêtes ouvertement : des dents de baleine longent ses flancs comme pins pour son gréement, ses poulies sont sculptées en ivoire marin, et sa barre est taillée dans la mâchoire de son ennemi. Il ressemble à un empereur sauvage drapé dans les dépouilles de la guerre. Un noble navire, pourtant teinté de mélancolie, comme toutes les choses nobles semblent l’être.
Sur le pont, Ishmael trouve une curieuse structure de mâchoires de baleine franche assemblées en tente. À l’intérieur est assis un homme brun et costaud enveloppé dans un tissu de pilote bleu, son visage creusé de rides gagnées à plisser les yeux face aux vents contraires. C’est le capitaine Peleg, l’un des principaux propriétaires du vaisseau. Son interrogatoire commence aussitôt. Il se moque de l’expérience d’Ishmael dans le service marchand, demande s’il a déjà été dans un bateau Stové, et l’accuse à demi-joke de planifier une mutinerie. Ishmael répond avec patience, expliquant qu’il souhaite voir le monde et apprendre le métier de la baleine.
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