Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.
La manière de Peleg s’adoucit légèrement, mais il insiste davantage. Il révèle que le vrai commandant du Pequod est le capitaine Ahab, un homme qui a perdu sa jambe devant un cachalot qui l’a écrasée et dévorée. La voix du vieux marin s’élève avec émotion tandis qu’il décrit la créature monstrueuse. Ishmael absorbe cette information sans broncher. Peleg le met à l’épreuve davantage, demandant s’il a l’estomac pour enfoncer un harpon dans une baleine vivante. Puis il l’envoie à la proue au vent pour contempler l’horizon. Ishmael ne voit rien d’autre que de l’eau grise et un grain lointain, mais il revient sans se décourager. Peleg grogne son approbation et le mène en dessous.
Dans la cabine exiguë, ils trouvent le capitaine Bildad, l’autre principal propriétaire du vaisseau. Un baleinier à la retraite de soixante ans, Bildad est assis bien droit sur la banquette arrière, sa veste terne boutonnée jusqu’au menton, des lunettes perchées sur son nez tandis qu’il lit dans une Bible pesante. C’est un quaker de la secte la plus stricte, un homme dont l’extérieur pieux dissimule une réputation de faire travailler les équipages jusqu’à l’épuisement. Là où Peleg tempête, Bildad calcule. Les deux associés ne pourraient être plus différents.
La négociation porte sur la part d’Ishmael, sa quote-part des bénéfices du voyage. Il sait que les débutants reçoivent des portions maigres, mais il espère que son expérience générale de la mer lui vaudra la 275e part. Bildad a d’autres idées. Sans lever les yeux de son livre, il cite l’Écriture et propose la 777e part, une fraction si minuscule qu’elle couvrirait à peine le coût des vêtements et du logement d’Ishmael. Il invoque les veuves et les orphelins qui détiennent des parts mineures dans le vaisseau, argumentant que la générosité envers un étranger spolierait les pauvres méritants.
Peleg explose. Il tonne que la conscience de Bildad est un vaisseau qui prend l’eau et qui le mènera à sa perte. Les deux quakers échangent des insultes théologiques, leurs voix s’élevant jusqu’à ce que Peleg se jette sur son associé. Bildad l’évite avec l’aisance de la pratique. Puis, aussi vite qu’elle a commencé, la tempête passe. Les deux hommes se réinstallent dans leurs sièges. Peleg déclare qu’Ishmael aura la 300e part, et Bildad retourne à sa lecture sans plus de protestation. Ishmael signe les articles, obtient la permission d’amener Queequeg pour inspection le lendemain, et quitte la cabine satisfait.
Mais tandis qu’il s’éloigne du navire, une pensée le frappe. Il s’est engagé pour un voyage de trois ans sous un capitaine qu’il n’a jamais vu. Il revient demander à Peleg où il pourrait trouver Ahab.
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