Moby Dick; Or, The Whale cover
Narrative Pressure

Moby Dick; Or, The Whale

Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique.

Melville, Herman 2001 204 min

Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.

La veille de mâture est l’un des postes les plus anciens de l’histoire humaine. Ishmael en retrace la lignée jusqu’aux astronomes égyptiens qui gravissaient les degrés des pyramides pour scruter de nouvelles étoiles, et jusqu’à saint Siméon Stylite, cet intrépide ermite qui passa ses dernières décennies au sommet d’un pilier dans le désert, hissant sa nourriture à l’aide d’une corde jusqu’à ce que la mort le trouvât à son poste. Les guetteurs terrestres de l’époque moderne font piètre figure — Napoléon figé dans le bronze au sommet de la colonne Vendôme, Washington dominant de toute sa hauteur son monument de Baltimore, Nelson à cheval sur son cabestan de métal à Trafalgar Square. Ces hommes de pierre et de métal endurent les éléments mais ne peuvent répondre à un seul appel lancé d’en bas, si désespérément que leur conseil pourrait être invoqué.

En mer, le travail vit. Un baleinier barre ses trois mâts de vigie depuis la première lumière jusqu’à la dernière, les matelots se relayant par tranches de deux heures comme ils le font à la barre. Dans les eaux tropicales, la corvée devient quelque chose qui frôle le plaisir. À cent pieds au-dessus des ponts, le guetteur enjambe les profondeurs sur ce qui ressemble à des échasses géantes tandis que les plus grandes créatures de la terre nagent sous ses pieds. Les alizés soufflent, somnolents et tièdes. Aucun journal n’arrive avec ses alarmes, aucun souci domestique ne s’immisce, aucune pensée inquiète du dîner ne trouble un esprit nourri depuis des années de provisions en fûts.

Pourtant le perchoir lui-même offre peu de confort. Le matelot se tient sur deux minces bâtons appelés les barres de perroquet, balancé par la mer, aussi exposé qu’un homme en équilibre sur les cornes d’un taureau. Un manteau de quart ne procure aucun vrai abri — il colle comme une peau supplémentaire mais ne peut contenir le corps d’un homme pas plus que la chair ne peut contenir une âme errante. Ishmael envie aux baleiniers du Groenland leurs nids-de-pie, ces chaires abritées équipées de coffres et de râteliers, et même d’un fusil permettant au capitaine Sleet d’abattre les narvals qui passent. Le pêcheur des mers du Sud jouit d’un temps plus clément mais doit endurer son élévation avec pour seul soutien ses deux propres jambes.

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