Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.
Mais la bourrasque frappe d’abord. La voix du second lieutenant claque des ordres pour carguer les huniers, et la bagarre se dissout en devoir frénétique. Les hommes s’éparpillent vers leurs postes. Seul Pip reste, se recroquevillant sous le guindeau tandis que la tempête déchire le gréement. Il entend le craquement du étai de foc, et son esprit se tourne vers ce qu’il a surpris ce soir-là—le serment de chasser la baleine blanche. La bourrasque blanche dehors devient la baleine blanche dans son imagination terrifiée. Il prie le grand Dieu blanc quelque part dans l’obscurité au-dessus, implorant la miséricorde pour un petit garçon noir qui se terre seul tandis que des hommes sans peur se précipitent vers leur perte.
Ismaël avoue sa propre complicité. Son serment avait été forgé avec celui de l’équipage dans cette scène sauvage de minuit, et quelque chose de plus sombre qu’une simple solidarité le poussait à crier d’autant plus fort—une terreur qui faisait que la guerre privée d’Ahab lui semblait intimement sienne. Il écoutait avec une attention affamée l’histoire du monstre qu’ils avaient tous juré de détruire.
Le cachalot blanc hantait ces mers lointaines depuis des années, pourtant sa connaissance se répandait lentement à travers la flotte de pêche à la baleine dispersée. Les navires erraient sur le globe aquatique en isolement, parfois naviguant douze mois sans apercevoir une autre voile. Les rythmes irréguliers de départ et les vastes distances entre les navires signifiaient que les histoires de Moby Dick ne voyageaient qu’en fragments. D’abord, ceux qui le rencontraient rejetaient la terreur comme le péril ordinaire de la pêche au cachalot. Mais les morts s’accumulaient—hommes déchirés, barques brisées, survivants tirés de l’eau avec de l’écume blanche encore collée à leurs visages—et progressivement le courage des chasseurs commençait à faiblir.
Des élans de vive exagération suivirent. Les marins ont toujours été portés à la superstition, et les baleiniers plus que quiconque, car ils travaillent seuls dans les eaux les plus reculées où l’esprit devient fertile en étranges imaginings. Bientôt, le cachalot blanc fut dit être partout à la fois, présent dans des hémisphères opposés au même instant. Certains le déclarèrent immortel, son corps invulnérable aux harpons, ses blessures de simples illusions. La vitesse mystérieuse du cachalot, disparaissant dans les profondeurs et réapparaissant à des lieues de là, nourrissait ces croyances—tout comme des baleines capturées avaient été trouvées avec des barbes de harpon enfoncées provenant d’océans lointains, prouvant des passages qu’aucun navire ne pouvait naviguer.
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