Moby Dick; Or, The Whale cover
Narrative Pressure

Moby Dick; Or, The Whale

Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique.

Melville, Herman 2001 204 min

Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.

Ishmaël confesse qu’au-delà des dangers évidents que représente Moby Dick, quelque chose d’autre le hante—une terreur vague et sans nom qu’il peut à peine articuler. Ce n’est pas la taille, la férocité ou l’intelligence de la baleine qui l’épouvante le plus, mais sa couleur. La blancheur elle-même frappe de terreur l’âme d’Ishmaël, et bien qu’il désespère de pouvoir l’expliquer, il doit essayer, sinon tout son récit ne signifie rien.

Il commence par reconnaître que la blancheur symbolise ordinairement tout ce qui est noble et pur. Les perles, le marbre et les robes de mariée tirent leur beauté de cette couleur. Les rois et empereurs l’ont revendiquée comme leur teinte particulière, depuis les éléphants blancs de Siam jusqu’aux étendards impériaux d’Autriche. La Justice porte de l’hermine, les prêtres endossent des vêtements blancs, et les rachetés dans la vision de Saint Jean se tiennent devant un trône d’éclatante luminosité. Pourtant, malgré toutes ces associations avec la joie, l’innocence et le pouvoir divin, la blancheur recèle quelque chose d’insaisissable dans sa nature la plus profonde—quelque chose qui frappe le cœur d’une panique plus grande que la rougeur du sang.

Cette qualité se manifeste le plus vividement lorsque la blancheur s’attache à des objets déjà terrifiants. L’ours polaire et le requin blanc seraient des créatures redoutables indépendamment de leur couleur, mais leur pâleur les transforme en quelque chose de bien pire. Leur aspect lisse et sans couleur leur prête une douceur répugnante, comme si leur sauvagerie portait un masque de pureté céleste. Le contraste glace le sang plus que les rayures de n’importe quel tigre. L’albatross aussi traverse l’imagination enveloppé de nuages de terreur spirituelle, son plumage fantomatique suggérant des secrets trop profonds pour les mots. Ishmaël se souvient en avoir vu un apporté à bord lors d’une tempête antarctique—une créature majestueuse et immaculée qui lui semblait un archange, ses yeux étranges tenant des mystères qui touchaient à Dieu lui-même.

Le Cheval Blanc des Prairies illustre comment la blancheur peut vêtir une créature de divinité tout en inspirant simultanément une crainte qui confine à la peur. Ce magnifique cheval sauvage, chef d’innombrables hardes, semblait aux Indiens qui le révéraient une apparition d’un monde non déchu. Pourtant, sa pâleur spirituelle ne commandait pas seulement l’adoration mais aussi une terreur tremblante.

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