Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.
Seul à nouveau, lecharpentier secoua la tête. Le jugement de Stubb résonnait — ce mot unique, étrange, répété comme un charme. Un homme qui gardait la mâchoire d’une baleine pour compagnon de lit, qui poussait les jambes jusqu’à la mort et usait l’ivoire à la corde. Lecharpentier s’émerveilla, puis se pencha à nouveau sur son ciseau et sa lime, finissant la jambe avant que le matin de la résurrection ne vienne la chercher.
Le pompage routinier révéla de l’huile dans l’eau — les tonneaux fuyaient. Starbuck descendit dans la cabine, trouvant Ahab penché sur des cartes japonaises, jambe d’ivoire calée, traçant d’anciennes routes.
Ahab le repoussa avec mépris. Quand Starbuck persista, Ahab révéla la blessure plus profonde : son propre âme était le vrai réservoir qui fuyait. Il refusa de s’arrêter pour de l’huile. Starbuck en appela aux armateurs. Ahab éclata : qu’ils crient plus fort que les typhons depuis Nantucket. Le seul vrai propriétaire était le commandant ; sa conscience se trouvait dans la quille du navire.
Starbuck s’enfonça plus avant avec une défiance respectueuse. Un meilleur homme, osa-t-il suggérer, pourrait passer outre ce qu’il resentirait chez un plus jeune. « Non, capitaine, pas encore. » Ahab saisit un mousquet et le braqua. Un seul Dieu sur terre, un seul Capitaine sur le Pequod. Starbuck maîtrisa sa fureur et se souleva à demi calme. Son dernier trait : Ahab l’avait outragé, mais l’avertissement était de se méfier de lui-même.
Resté seul, Ahab murmura son admiration. L’avertissement s’était ancrée. Il arpenta le pont, le mousquet comme canne, puis le rapporta et remonta sur le pont. « Tu es vraiment trop bon, Starbuck », dit-il à voix basse, puis ordonna de fouiller la cale. Qu’il eût agi par honnêteté ou prudence, il avait cédé.
Par temps calme, l’équipage creusa dans lescaliers inférieurs du navire, hissant d’anciens tonneaux à la lumière du jour jusqu’à ce que les ponts soient obstrués de provisions et que la coque vide résonne comme des catacombes. Les futailles corrodées et herbeuses suggéraient une ère enfouie — le déluge de Noé exhumé. Le navire tangua, lourd de sa charge supérieure, vulnérable à toute bourrasque, tandis que très en dessous, Queequeg travaillait dans l’obscurité.
La fièvre du harponnier s’éleva du labeur même qui soutenait le navire. Rampant dans la vase de la cale en caleçons de laine, il attrapa un rhume qui s’effondra en maladie mortelle. En quelques jours, il gisait amaigri dans son hamac, il ne restait de lui que l’ossature et les tatouages — pourtant ses yeux devinrent plus remplis, prenant une étrange douceur qui suggérait une santé immortelle qu’aucune maladie ne pouvait atteindre. Une crainte s’empara de ceux qui le regardaient, comme si l’approche de la Mort avait apporté quelque dernière révélation.
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