Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.
Un cône noir étrange reposait dans les dalots sous le vent—plus long qu’un homme grand, sombre comme l’idole que révérérait Queequeg. Une idole pareille à celle que la reine Maacha gardait dans ses bosquets secrets jusqu’à ce que le roi Asa la détruisit au torrent de Cédron. Le hacheur portait ce grandissime comme un grenadier portant un camarade tombé, dépouilla sa noire pelisse, l’étira, puis découpa des emmanchures et y entra. Investi des habits noirs canoniques de sa fonction, il prit son poste au cheval de bois pour hacher le lard. Vêtu de noir décent, courbé sur son ouvrage, il semblait candidat à l’archevêché. « Feuilles de Bible ! » criaient les seconds—couper les tranches fines pour accélérer l’ébullition.
Un baleinier américain porte une étrange contradiction : une maçonnerie solide fondue avec du chêne et du chanvrette. Les installations de try-works s’élèvent entre les mâts, une masse de briques assujettie par des genoux de fer. Sous l’écoutille se trouvent deux grandes marmites de fonte, polies et brillantes, où les marins se lovant pour dormir et où Ishmaël méditait jadis sur la géométrie. Le côté du foyer présente deux gueules de fer munies de lourdes portes, s’ouvrant sous les marmites. Un réservoir d’eau peu profond s’étend sous toute la structure, préservant le pont des ardeurs du feu. Aucun cheminée ne s’élève ici—la fumée se déverse directement par le mur arrière.
Stubb ordonne la première chauffe à neuf heures. Le bois l’amorce, mais par la suite la baleine nourrit sa propre destruction. Les fragments ratatinés du lard deviennent combustible. La créature brûle par sa propre substance, un martyr autodévorant. Sa fumée étouffe les poumons d’une puanteur funéraire, exhalant des brûlots et le jugement.
À minuit, les installations flambent à plein régime. Les flammes lèchent l’obscurité des conduits fuligineux. Le navire s’élance comme un brûlot voguant vers la vengeance, rappelant les bricks en flammes des Canaris. Les harponneurs païens travaillent au foyer, figures démoniaques qui lancent le lard dans les marmites bouillantes tandis que les flammes frôlent leurs pieds. La vigie est étendue sur le guindeau, visages noircis, échangeant des récits sauvages dont le rire s’élève comme des flammes fourchues. Le Pequod plonge dans les ténèbres, brûlant un cadavre, portant des sauvages et des flammes—un vaisseau qui reflète l’esprit obsédé de son capitaine.
Ishmaël se tient à la barre, enveloppé d’ombre, contemplant l’enfer. Les formes démoniaques engendrent des visions dans son esprit. Il s’éveille en sursaut, désorienté—aucune boussole visible, seulement des éclats rouges dans la noirceur. Il s’est complètement retourné, faisant face à la poupe. Il pivote juste à temps pour empêcher le navire de basculer.
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