Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.
Considérons l’éléphant : les monarques orientaux les chassent depuis des millénaires, pourtant ils prospèrent encore. Le domaine de la baleine couvre deux fois la superficie de tous les continents réunis. Et parce que les baleines peuvent vivre un siècle ou plus, plusieurs générations nagent ensemble à tout moment, la population vivante renforcée par tous ceux qui nagèrent il y a des décennies.
Pour ces raisons, Ismaël déclare la baleine immortelle en tant qu’espèce, quel que soit le sort des individus. La baleine nageait avant que les continents ne s’élèvent de la mer, passa sur le sol où maintenant des palais se dressent. Quand Noé construisit son arche, la baleine n’avait pas besoin d’abri. Si le déluge revient pour noyer le monde, la baleine franchira encore les vagues les plus hautes et crachera sa défiance vers les cieux.
Le départ violent d’Ahab du Samuel Enderby lui coûta plus que sa dignité. Atterrissant brutalement dans son canot, puis tourbillonnant sur le pont pour aboyer des ordres, il sentit sa jambe d’ivoire subir un choc fracassant. L’os tint bon, mais il s’y fiait moins maintenant.
Il n’est pas étonnant qu’il surveillât ce membre mort avec tant de soin. Avant que le Pequod ne prît la mer, on l’avait découvert inconscient une nuit, sa prothèse arrachée et enfoncée presque à travers son aine. La blessure guérit lentement, et Ahab comprit que les vieilles douleurs engendrent de nouvelles — la lignée du chagrin survit à celle de la joie, remontant jusqu’aux dieux eux-mêmes, qui ne sont pas éternellement contents.
Cet accident expliquait son étrange retraite avant le voyage. Il s’était caché comme quelque Grand Lama, et ces quelques personnes à terre qui aperçurent son état murmuraient de vengeance surnaturelle. Ils complotaient pour muffler la vérité, et c’est seulement maintenant que l’histoire atteignait les ponts du Pequod.
Mais Ahab devint pratique. Il fit appeler le charpentier et commanda qu’une nouvelle jambe soit façonnée du plus solide ivoire de mâchoire disponible. La forge fut montée depuis la cale ; le forgeron se mit au travail. Au matin, le capitaine se tiendrait sur un os frais.
Vu d’une distance cosmique, les humains individuels apparaissent merveilleux, yet dans la masse ils semblent de simples duplicatas. Le charpentier du Pequod défie ce schéma — une figure humble qui reste distinctement singulière.
Des années de navigation à travers des mers lointaines l’ont rendu maître d’innombrables crises mécaniques. Son établi sert de théâtre à des talents multiples : il façonne des chevilles de tournage pour les adapter, construit des cages élaborées en os de baleine, peint des constellations sur les rames, arrache des dents avec des étaux en bois. Aucune exigence ne dépasse sa disponibilité, qu’elle soit pratique ou capricieuse.
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