Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.
Des tambours tonnaient depuis sa proue. Des hommes frappaient sur des chaudièresTry-pot couvertes de peau de poisson ; des officiers dansaient avec des femmes polynésiennes à la peau olivâtre ; des violoneux jouaient depuis un bateau assujetti en haut. L’équipage lançait des briques et du mortier depuis les try-works à la mer, comme pour démolir la Bastille.
Les deux capitaines incarnaient des destins opposés. Le commandant du Bachelor leva bouteille et verre, invitant Ahab à bord. Ahab ne demanda que du cachalot blanc. L’autre en avait entendu parler mais ne le croyait pas. « Tu es trop damned joyeux », murmura Ahab. Il se déclara un navire vide, en partance, et ordonna de gréer contre le vent.
Les navires se séparèrent. L’équipage du Pequod regarda le Bachelor s’éloigner avec un grave désir. Ahab se tenait à la lisse de dunette, tripotant un petit flacon de sondages de Nantucket.
Le jour suivant le défi railleur du Bachelor, le Pequod — longtemps morne — saisit le vent rapide de la fortune. Quatre baleines furent tuées, une par Ahab. Le combat cramoisi prit fin ; soleil et baleine moururent ensemble, l’air rosé doux comme des hymnes de vêpres.
Ahab regarda, apaisé vers une mélancolie plus profonde. La baleine mourante se tourna vers le soleil — un vassal fidèle rendant hommage — pourtant la mort fit tournoyer le cadavre. Le soleil appelle la vie mais ne la rend pas. Du côté hindou sombre de la nature, son trône de reine des mers, Ahab tira une foi plus fière, plus sombre, soutenue par les souffles des choses un jour vivantes. Il salua la mer : née de la terre, nourrie par les vagues, les billes étaient ses frères de lait.
Le canot d’Ahab veilla auprès de la baleine au vent, une lanterne clignotant au-dessus de la carcasse. L’équipage dormait, mais Fedallah se tenait accroupi à la proue, observant les requins tourner et taper contre les planches. Ahab s’éveilla de son rêve de corbillards. Fedallah lui rappela : deux corbillards doivent paraître avant qu’il ne puisse mourir. Le Parse jura de piloter Ahab au-delà de la mort, et que seul leannah pourrait le tuer. Ahab rit, se déclarant immortel sur terre et sur mer. Les deux se turent comme un seul homme jusqu’à l’aube grise, quand l’équipage s’agita et la baleine fut amenée au navire.
Comme la saison de la Ligne approchait, l’équipage observait les regards d’Ahab vers les huniers avec impatience. Enfin l’ordre vint. Près de midi, Ahab s’assit dans son canot hissé pour prendre son observation solaire. À travers des verres colorés il visa le soleil flamboyant, tandis que Fedallah s’agenouillait en dessous, observant à travers des yeux à demi voilés.
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