Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.
Un samedi soir, le Pequod se transforme en abattoir, chaque marin devenant boucher prêt à offrir la baleine aux dieux de la mer. D’énormes palans de découpe sont ligaturés au nid de pie principal, et un lourd croc à saindoux est balancé au-dessus de la carcasse. Starbuck et Stubb découpent un trou près de la nageoire pour le croc, et l’équipage tire sur le cabestan en un chœur sauvage. Le navire tangue violemment sous la tension, tremblant jusqu’à ce que la bande de lard se détache, s’épluchant en spirale comme une écorce d’orange. La masse ruisselante de sang est hissée jusqu’à frôler le nid de pie, se balançant dangereusement tandis que l’équipage évite l’énorme pièce de couverture pour ne pas être frappé ou projeté par-dessus bord. Un harponneur s’avance avec une épée d’abordage, découpant un trou pour un deuxième palan, puis avec des coups désespérés et furtifs, sépare complètement la bande. Le travail se poursuit dans une frénésie rythmique : un palan hisse une nouvelle bande tandis que l’autre descend la pièce terminée dans la cale à lard, où des hommes l’enroulent comme des serpents au milieu des gémissements du navire et du chant des hommes.
Ishmaël défend son opinion controversée selon laquelle la vraie peau de la baleine est l’épaisse et dense couche de lard, et non la fine membrane transparente qu’on peut gratter comme de l’isenglass. Il insiste sur l’immensité sheer de la créature en calculant que le lard d’une seule grande baleine franche produit cent barils d’huile, faisant de ce simple tégument une substance massive et animée. En examinant la baleine vivante, il décrit les marques complexes sur sa peau, comparant les lignes fines à des gravures italiennes et les égratignures profondes à des hiéroglyphes indéchiffrables ou aux cicatrices grossières laissées par les icebergs, suggérant qu’elles sont les archives de batailles avec d’autres baleines. Ishmaël loue ensuite la « couverture » de lard qui enveloppe la baleine comme un poncho, isolant son sang chaud et lui permettant de prospérer dans l’Arctique glacial où des hommes non protégés gèleraient solidement. Il s’émerveille que la baleine polaire maintienne une température sanguine plus chaude qu’un homme sous les tropiques, présentant la créature comme un modèle d’autonomie. Ishmaël exhorte l’humanité à imiter la forte vitalité individuelle de la baleine, maintenant une chaleur interne et une indépendance face à l’environnement hostile et glacial, restant dans le monde sans être du monde.
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