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Narrative Pressure

Moby Dick; Or, The Whale

Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique.

Melville, Herman 2001 204 min

Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.

Il y a cinquante ans, un procès anglais sur la propriété des baleines mit ces principes à l’épreuve. Les plaignants avaient harponné une baleine mais abandonnèrent bateau et lignes pour sauver leur vie ; les défendeurs capturèrent la baleine sous leurs yeux et gardèrent tout. Erskine, avocat des défendeurs, illustra sa position par une affaire récente de rupture de mariage : un gentilhomme qui avait abandonné sa femme vicieuse, puis intenta un procès pour la récupérer. La dame, une fois abandonnée, devint un Poisson Vagabond—proie légitime pour le prochain harponneur. Lord Ellenborough trancha : le bateau revient aux plaignants, mais la baleine, les harpons et la ligne appartiennent aux défendeurs. La baleine était libre lors de sa capture ; celui qui prend le poisson prend tout.

Ces deux lois, réflexion faite, prouvent les fondements de toute jurisprudence humaine. La possession est souvent la loi tout entière. Que sont les serfs russes et les esclaves républicains sinon des Poissons Attachés ? Le dernier sou de la veuve au landlord rapace ? La villa de marbre du criminel non détecté ? Les cent mille livres de l’archevêque ? L’Irlande de John Bull, le Texas de Brother Jonathan ? Tous des Poissons Attachés.

Mais la doctrine du Poisson Vagabond est encore plus largement applicable. Que était l’Amérique en 1492 sinon un Poisson Vagabond, lorsque Colomb planta l’étendard espagnol ? Que la Pologne au tsar, la Grèce au Turc, l’Inde à l’Angleterre, le Mexique aux États-Unis ? Que sont les Droits de l’Homme et les Libertés du Monde sinon des Poissons Vagabonds ? Et que es-tu, lecteur, sinon un Poisson Vagabond et un Poisson Attaché à la fois ?

Un ancien statut anglais accorde au Roi chaque tête de baleine et à la Reine sa queue—un partage aussi net que celui d’une pomme fendue, ne laissant rien entre les deux. La loi subsiste encore.

Récemment, des marins de Douvres traînèrent sur le rivage une baleine après un labeur brutal, comptant sur cent cinquante livres pour l’huile et les os. Un gentleman arriva avec un livre de loi, déclara la créature un Poisson Attaché, et la réclama pour le Lord Warden. Les marins protestèrent leur labeur et leur danger, supplièrent un quart ou la moitié, plaidèrent pour des parents alités. À chaque fois : la même réponse plate. La baleine fut mise aux enchères. Son Grâce empocha le produit. Quand un curé écrivit implorant la clémence, le duc répondit qu’il avait déjà pris l’argent et suggéra au révérend de s’occuper de ses propres affaires.

La réclamation du duc descend de la Couronne. Sur quels motifs ? Plowdon explique : la baleine appartient au couple royal en vertu de sa « valeur surpassante ». Les commentateurs qualifient ce raisonnement de sain.

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