Appelez-moi Ishmaël. Il y a des années, me trouvant pauvre et sans but sur terre, j'ai décidé de prendre la mer et de voir le monde aquatique. C'est ma méthode pour guérir la mélancolie et réguler mon sang. Chaque fois que ma bouche devient sombre, ou que mon âme se sent comme un novembre humide et pluvieux, je sais qu'il est temps de partir. L'urgence devient irrésistible quand je m'arrête devant des cercueils, devant des entrepôts, que je suis des enterrements, ou que je ressens une impulsion maniaque de faire tomber les chapeaux dans la rue. Partir en mer est mon alternative au suicide. Tandis que Caton est mort par l'épée avec panache, moi je monte discrètement sur un navire. Cette impulsion n'est pas unique ; presque tous les hommes ressentent une attraction magnétique vers l'océan.
Remplissant sa vieille sacoche de tapis d’une chemise, Ismaël quitta Manhattan pour New Bedford, seulement pour découvrir que le paquebot pour Nantucket était déjà parti. Coincé pour une froide et sombre nuit de samedi avec peu d’argent et sans connaissances, il faisait face au problème urgent de trouver un logement. Bien que New Bedford monopolisât maintenant la baleine, Ismaël insistait pour naviguer uniquement depuis Nantucket, attiré par son héritage ancien et tapageur en tant que Tyr originelle du monde de la baleine.
Arpentant les rues lugubres, il rejeta « Les Harpons Croisés » et « L’Auberge de l’Espadon » comme trop chers et trop gais. Suivant un instinct vers l’eau, il tomba dans un bâtiment enfumé, espérant un logement bon marché, mais découvrit à la place une église noire. Confronté à une centaines de visages noirs et un prédicateur tonitruant sur les ténèbres des ténèbres, Ismaël recula précipitamment hors du Piège.
Poursuivant son chemin, il découvrit une lumière faible près des quais et une pancarte grinçante et abandonnée indiquant « Le Spouter Inn :—Peter Coffin. » Les noms semblaient sinistres, mais l’apparence délabrée et misérable de l’endroit suggérait des hébergements abordables. Debout dans le vent mordant, Ismaël réfléchit à la disparité entre les riches, comme Dives, qui pouvaient admirer le givre derrière le verre, et les pauvres, comme Lazare, qui souffraient la pleine force du tempétueux Euroclydon. Déterminé à échapper au froid, il se prépara à entrer dans l’auberge délabrée.
Le Spouter-Inn poussait son pignon contre la nuit comme un vaisseau échoué. Ishmaël entra dans un large vestibule bas dont les murs lambrissés rappelaient les œuvres mortes pourrissantes de quelque navire condamné. Un objet exigeait l’attention : une massive peinture à l’huile tellement obscurcie par la fumée et l’âge que son sujet était devenu une énigme. D’abord la toile sembla ne rien représenter de cohérent—des masses d’ombre et de formes à demi formées qui auraient pu être le chaos ensorcelé lui-même. Les théories allaient et venaient : une tempête de minuit sur la mer Noire, les quatre éléments primordiaux enfermés dans un combat, un hiver hyperboréen. Mais progressivement le mystère central se résolut. Cette masse sombre flottant au-dessus de trois lignes verticales obscures prit forme—une baleine—le grand léviathan pris dans l’acte de se empaler lui-même sur les trois mats de hune d’un navire à demi sombré, un Cape Horner naufragé sous une bête exaspérée.
The original text of this work is in the public domain. This page focuses on a guided summary article, reading notes, selected quotes, and visual learning materials for educational purposes.